Portes fermées dans les questions de propriété ou d’héritage
Inde: Des femmes indigènes réclament leurs droits
Patna, 12 mars 1998 (APIC) Des femmes indiennes ne veulent plus être traitées «comme des biens à vendre». Elles ont réaffirmé leur détermination dans une rencontre sur les droits des femmes des tribus indigènes a réuni dans l’Etat du Bihar, à l’est de l’Inde. Une initiative due à un mouvement de femmes de cet Etat composé de 50 femmes illettrées ou semi-illettrées.
«Les hommes nous traitent comme si nous étions des biens à vendre ou à acheter au marché. Sommes-nous des choses ?», a notamment demandé Pakti Marandi, une paysanne. Comme l’a rappelé une de ses militantes, ce mouvement ne réunit pas des féministes, comme certaines femmes de milieux aisés des grandes villes. Il souhaite tout simplement faire participer pleinement les femmes indigènes aux décisions qui concernent leurs communautés et que leur droit à l’héritage soient reconnus. Traditionnellement, les femmes indigènes sont associées aux activités économiques, mais une fois que le partenariat avec les hommes touche aux questions de propriété foncière ou d’héritage, toutes les portes se ferment», a déploré une participante.
Dans la tribu des Santal, par exemple, un homme peut donner la moitié de ses biens à sa soeur ou à sa fille. Mais quand l’une ou l’autre meurt, ces biens reviennent automatiquement au plus proche parent masculin. Lorsqu’un couple n’a que des filles, seule l’une d’entre elles hérite des biens de son père. Et le plus souvent ses proches la maltraitent et la menacent pour faire main basse sur ces biens.
Les hommes indigènes font valoir que les femmes de leurs tribus peuvent épouser un non-indigène et que, dans ce cas, les biens qu’elles auraient hérités de leurs pères seraient perdus pour la tribu. La Cour suprême ayant rappelé l’égalité devant la loi des femmes et des hommes indigènes, ils ont protesté, arguant que leur identité ethnique était menacée. (apic/cip/ba)




