Section suisse d’Amnesty International catastrophée

B 15 mars 1998 (APIC) La section suisse d’Amnesty International (AI) est catastrophée par la tournure prise par la révision de la loi sur l’asile par les Chambres fédérales. «Les restrictions adoptées à l’encontre des requérants d’asile qui ne possèdent pas de papiers d’identité et de ceux qui ceux qui séjournent illégalement en Suisse sont, à ses yeux, inadmissibles. Elle semblent par ailleurs en contradiction avec les normes internationales en vigueur».

En refusant d’entrer en matière sur les demandes d’asile déposées par des personnes séjournant illégalement en Suisse depuis plus de 10 jours, la Suisse se place à la limite de la légalité, poursuit le communiqué de la section suisse d’AI. «La disposition, si elle ne s’oppose pas formellement à la Convention de Genève, est pour le moins contraire à son esprit. En adoptant un délai de 10 jours dès l’entrée en Suisse pour le dépôt de la demande d’asile, la Suisse se place dans une situation comparable à celle de la Turquie qui impose un délai de cinq jours».

Pour la section suisse d’AI, refuser d’entrer en matière sur les demandes présentées par des requérants dépourvus de papiers d’identité, c’est faire abstraction de toute logique. Il est évident que la plupart du temps, argumente-t-elle, une personne persécutées par les autorités de son pays ne sera pas en mesure de se procurer des documents officiels au moment de fuir son pays. Avec cette décision, les parlementaires font payer aux personnes réellement persécutées le prix de quelques abus dont l’importance est sans cesse exagérée par les milieux anti-réfugiés.

AI demande que chaque personne qui réclame la protection des autorités d’un pays puisse bénéficier d’une procédure de détermination du statut de réfugié complète et équitable. Elle estime que les dispositions adoptées par le parlement suisse sont inutiles puisque l’administration possède déjà les outils nécessaires à dépister les abus. Ces nouvelles dispositions sont en outre dangereuses car elles s’appliqueront surtout au détriment des personnes réellement menacées dans leur pays d’origine. (apic/com/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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