Chrétiens et musulmans : des amis sans violence ?
Nigeria: Visite pastorale du pape Jean Paul II du 21 au 23 mars
Ijebu-Ode 19 mars 1998 (APIC) Le Nigéria où le pape Jean Paul II fera sa prochaine visite apostolique du 21 au 23 mars comprend des musulmans et des chrétiens à part presque égale. L’image de cette coexistence met souvent en relief les tensions : violences contre des bâtiments ecclésiaux, agressions contre des baptisés, polémique sur la participation du Nigéria à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), des appels en faveur de l’introduction la loi coranique.
En réalité, les rapports entre chrétiens et musulmans sont bien meilleurs que ce que l’on croit souligne Mgr John Fasina, evêque catholique de Ijebu-Ode. Le prélat en témoigne par sa propre personne il vient lui-même d’une famille musulmane «Yoruba» qui a laissé toute liberté religieuse à ses membres : àà l’âge de 19 ans, John Fasina s’est converti au christianisme, suivant l’exemple de deux de ses frères et d’une soeur. Ses treize autres frères et soeurs continuent toujours à suivre l’islam.
Chez les Yorubas, il n’est pas rare que des musulmans deviennent chrétiens, et que des chrétiens passent à l’islam. Le choix que quelqu’un veut faire est discuté en famille ; il peut y avoir aussi des oppositions, mais, finalement, on respecte sa liberté de conscience. Il n’en est pas de même au nord : là, il est inadmissible qu’un musulman devienne chrétien. On considérerait cela comme une apostasie, témoigne Mgr Fasina.
Les conflits locaux, tous au Nord; sont liés à des extrémistes de l’une et l’autre partie. Ici, chez les Yorubas, il y a une grande tolérance : les musulmans financent la construction des églises, et les chrétiens, l’édification des mosquées. On participe aux fêtes des uns et des autres. Les croyants des deux religions s’encouragent réciproquement à suivre fidèlement la religion à laquelleils appartiennent.
Certains voudraient que leur religion devienne aussi forme de gouvernement, mais ils ne se rendent pas compte de cela représenterait : il y aurait plus d’inconvénients que d’avantages, y compris pour eux. La majorité des Nigérians croit toujours que la politique et la religion doivent être distinctes, que les questions laïques doivent être gérées avec objectivité et compétence. Nous autres, évêques catholiques, nous insistons pour souligner que les bons gouvernants ne sont pas ceux qui favorisent une religion ou une autre, mais ceux qui s’occupent du bien commun, conclut Mgr Fasina. (apic/fides/mp)




