3’000 Indiens Yanomani menacés de morts: amères critiques
Brésil: La forêt brûle toujours: 53’000 km2 déjà détruits et le gouvernement tarde à réagir
Brasilia, 20 mars 1998 (APIC) Depuis la mi-janvier, la forêt amazonienne brûle dans l’Etat de Roraima, dans le nord du Brésil. Déjà, 53.000 kilomètres carrés ont été réduits en cendres. Pire, une menace réelle pèse sur les Indiens Yanomani. On est du reste sans nouvelle de certaines tribus.
La fumée se répand dans le ciel sur un front de 300 kilomètres. Le phénomène est aggravé par le vent, qui facilite l’expansion de l’incendie non seulement au coeur de la forêt, mais aussi désormais dans les zones cultivées. Et il est certain que la sécheresse provoquée par «El Nino» a largement contribué à faciliter l’extension de l’incendie.
Les Indiens Yanomani sont particulièrement menacés par la catastrophe. Beaucoup de leurs villages ont déjà été détruits, d’autres sont encerclés par les flammes. On est en outre sans nouvelle pour plusieurs tribus. De source gouvernementale, au moins 3’000 Indiens sont menacés de mort. Selon le P. Luciano Stefanini, provincial des Missionnaires della Consolata au Brésil, l’incendie n’est plus qu’à 80 kilomètres de Boa Vista, la capitale de l’Etat.
Les autorités brésiliennes ont décidé de mobiliser 22 hélicoptères anti-incendies. «Mais ils ne sont pas encore arrivés, signalait le 17 mars le P. Stefanini. Or il est clair que plus le temps passe, plus les dégâts seront irréversibles». Qui plus est, selon les experts, il faudrait bien plus d’hélicoptères pour faire face à l’urgence.
«Les flammes transforment en jour les nuits du Roraima !» raconte un missionnaire. Dans les milieux humanitaires et écologistes brésiliens, on critique amèrement le gouvernement fédéral, qui a attendu six mois avant d’agir. Et encore, souligne-t-on. (apic/cip/pr)




