Une aide extérieure est indispensable, affirme Mgr Cordes

Cuba: Le voyage de Jean Paul II est la cause directe de l’assouplissement de l’embargo

Rome, 25 mars 1998 (APIC) «La nouvelle d’un assouplissement de l’embargo contre Cuba , a été accueillie avec une grande satisfaction. L’aide extérieure est nécessaire pour la survie des populations. Aussi toute mesure qui augmente cette aide est-elle positive», a déclaré Mgr Paul Josef Cordes, Président du conseil pontifical Cor Unum, de retour de Cuba, le 25 mars.

Pour lui, la visite du pape a «créé de nouvelles énergies», suscité de nouvelles ’initiatives». Mais il souligne surtout le sentiment nouveau ressenti par la population et l’Eglise locale de ne pas être «abandonnés». «Ils ont sentis avec force, dit-il, l’universalité de l’Eglise catholique», il y voit là le fruit le plus important de la visite de Jean-Paul II. «ils ont l’impression, dit-il de pouvoir sortir de l’isolement».

Concrètement, Mgr Cordes a en particulier visité des hôpitaux. «Il est évident, dit-il, qu’il faut améliorer les installations, les appareils médicaux, tout ce qui peut améliorer les conditions de vie». Il cite non seulement les nombreuses initiatives de la Caritas, mais aussi celles de l’association «Manos unidas» et du «Catholic relief service», etc.

Il reste, dit encore Mgr Cordes, une «situation matérielle très, très difficile». «Certaines personnes âgées ne gagnent 2 dollars par mois. Dans certaines régions la misère est bien réelle». Mgr Cordes explique aussi une fracture sociale et économique qui traverse le pays. «Le système économique lui-même est partagé entre le système du «peso», la monnaie nationale qui ne vaut rien, et le système du dollar, utilisé par la haute société cubaine, qui peut tout se permettre».

Malgré le très bon accueil réservé par les autorités cubaines, Mgr Cordes déplore que l’activité de la Caritas cubaine rencontre de «grandes difficultés», en particulier de distribution. «L’Etat ne permet pas que la Caritas distribue l’aide qui arrive de l’extérieur, car il ne veut pas admettre qu’il en a besoin. Nous avons abordé le sujet avec les représentants de l’Etat, de façon également à donner plus de visibilité à la Caritas. La Caritas cubaine existe, elle est active, mais elle n’a pas de visibilité dans la société. «

Selon Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat américaine c’est «la visite du pape à Cuba et non une autre chose que Castro aurait faite». qui a provoqué la décision américaine d’assouplir les sanctions contre l’île. Le pas du président Clinton pour Cuba est fait en faveur du peuple cubain, et non du gouvernement. L’embargo demeure en place», a tenu cependant à préciser Mme Albright lors d’une conférence de presse mardi à Rome mardi avant sa rencontre avec les responsable du Vatican. (apic/imed/mp)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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