Belgique: La Bible de Maredsous devient «Bible pastorale»

Une version électronique multimédia suivra le volume imprimé

Bruxelles, 5 février 1998 (APIC) Il existe aujourd’hui une vingtaine de traductions françaises de la Bible complète. La traduction du Père Georges Passelecq, revue par les moines de Maredsous et de Hautecombe en 1968, a l’avantage de l’unité de réalisation et de style. Elle reste une des meilleures pour la lecture publique. La voici rééditée, mais pour en faire une «Bible pastorale», dotée d’une nouvelle présentation, de nouvelles introductions, annotations et tables, annonce l’agence de presse catholique belge CIP à Bruxelles.

La publication de cette «Bible pastorale», créée au Centre Informatique et Bible (CIB) de Maredsous entre 1994 et 1997, et désormais éditée par Brepols, veut répondre à un besoin souvent exprimé par le lecteur non-spécialiste : «Où trouver une bible complète, où je ne serai pas perdu ?»

Cette édition vise donc un large public, à commencer par les divers animateurs d’Eglise pour qui la Bible constitue une référence nécessaire dans leur travail. Le volume de 1902 pages (format 17 x 23 cm) frappe d’abord par la clarté de la mise en pages. Le texte biblique occupe systématiquement une colonne unique et large, sur la partie droite de la page, où il est reconnaissable à son caractère maigre, très aéré. Tout le reste, qui n’appartient pas au texte sacré, est édité en grasses: depuis les titres jusqu’à la pagination, en passant par la numérotation des versets, les introductions, les commentaires en marge et les notes au bas des pages. L’illustration se limite à une image de frontispice, et à quelques cartes intégrées à l’introduction générale et à la reliure cartonnée.

«Pastorale» par nature

«Pastorale», cette Bible l’est par la portée actuelle de son commentaire. Il est vrai, remarque le Frère R.-Ferdinand Poswick, directeur du Centre Informatique et Bible, que la Bible est, dans sa conception même, tout entière «pastorale». Ne rassemble-t-elle pas le témoignage accumulé et sans cesse actualisé des croyants à l’écoute de la Parole de Dieu ? L’objectif des réviseurs a été, en tout cas, d’aider le lecteur non-spécialiste à dégager, pour chaque livre et pour chaque passage, le sens fondamental du texte, en le replaçant dans son contexte et en suggérant son actualité, sans pour autant fournir un «prêt-à-penser».

Voici, par exemple, le commentaire proposé pour un oracle du prophète Jérémie (Jr 22,13-17), qui dénonce l’exploitation que fait subir un des derniers rois de Jérusalem, Joakim, tout à l’opposé de son père Josias. «A quelques exceptions près – dont Josias», note simplement le commentateur, les rois dépeints dans la bible «ont utilisé leur pouvoir pour s’enrichir et opprimer leur peuple plutôt que de faire régner la justice et le droit».

Souvent, le commentaire en marge est suivi des références à de grands documents d’Eglise du XXe siècle: textes du concile Vatican II, Catéchisme de l’Eglise catholique, documents œcuméniques majeurs. L’absence de pareilles mentions en regard de certains passages est aussi révélatrice: un signe que ces passages n’ont guère inspiré les autorités ecclésiales. C’est le cas, entre autres, pour le passage de Jérémie, cité ci-dessus.

Rédigés en hébreu, en araméen ou en grec, les textes originaux de la Bible ne portent aucun titre. Les titres et sous-titres proposés par la «Bible pastorale» reflètent donc déjà des lectures orientées, tout en offrant de précieux repères au lecteur.

Chaque livre est suivi d’une double introduction, en quelques lignes. La première suggère la portée actuelle du texte. La seconde situe le texte dans son genre littéraire et dans son

environnement historique. Le commentaire historique et critique intègre parfois les derniers acquis de la recherche des exégètes, mais peut aussi s’en tenir à des thèses anciennes, aujourd’hui mises en question. C’est là un choix du Centre de Maredsous, qui a davantage mis ses efforts sur le renouveau d’une présentation pastorale que sur une présentation critique au goût du jour.

Avec lexique et guide de lecture

La plupart des pages comportent des notes historiques ou littéraires, réduites aux informations indispensables pour une bonne compréhension du texte. Ces informations sont complétées par un lexique en fin de volume. Ce lexique déborde les mots de la Bible et manifeste l’ouverture des concepteurs, puisqu’on y trouve, par exemple, «Conseil Œcuménique des Eglises», «Hégire». Le lecteur y découvrira un mot inattendu, «fondamentalisme», dont la définition rappelle utilement que c’est là une manière de lire la Bible qui est à l’opposé de sa conception pastorale. En effet, «refusant de tenir compte du caractère historique et situé de la révélation biblique, elle est incapable d’accepter pleinement l’incarnation».

Autre nouveauté de cette édition: trois types de signes placés dans le texte indiquent au lecteur que le passage qu’il lit fait partie d’une lecture à la synagogue, ou dans la liturgie byzantine, ou dans la liturgie catholique. Il pourra le vérifier en détail en se reportant aux tables liturgiques et bibliques en fin de volume.

Version sur cédérom

Pour une toute première et très courte présentation des livres bibliques, le lecteur pourra se reporter aux dix pages de «Guide de lecture», suivies par les références d’une centaine de «textes clés». Ces résumés et ces sélections sont, beaucoup plus que les commentaires, forcément tributaires des choix de leur rédacteur. Mais le souci premier de celui-ci, rappelle-t-il, est bien que le lecteur en arrive à «sa propre lecture» de la Bible, à son «écoute personnelle» de la Parole de Dieu.

Une version informatique et multimédia de cette «Bible pastorale» sur cédérom est en préparation. Elle est annoncée pour l’été et mêlera texte biblique, commentaires, notes, images et cartes de géographie (*). (apic/cip/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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