Des rumeurs non confirmées
Coire: L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg candidat à la succession de Mgr Haas ?
Coire/Fribourg, 16 février 1998 (APIC) Les spéculations au sujet de la succession sur le siège épiscopal de Coire vont bon train. Le nom de Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), a été mentionné lundi en première page du quotidien zurichois «Tages Anzeiger». Les rumeurs n’ont été confirmées ni par la nonciature à Berne ni par l’évêché de Fribourg.
Le nonce à Berne, Mgr Oriano Quilici, souligne qu’aucune des nouvelles concernant les nominations épiscopales qui ne sont pas rendues publiques par la nonciature apostolique «ne pourront être prises en considération». «Pas de commentaires», répond pour sa part Yvan Stern, chargé d’information du diocèse de LGF. Mgr Grab, en voyage, n’est quant à lui pas atteignable avant plusieurs jours.
Une procédure marquée du sceau du «secret pontifical»
La nonciature rappelle dans un bref communiqué en trois langues envoyé à l’agence APIC que tout ce qui se réfère aux procédures de nomination des évêques se déroule «sous le sceau du secret pontifical» qui oblige «sub gravi» (en conscience) les personnes consultées.
Pour la première fois depuis la nomination en décembre dernier de Mgr Haas au poste d’archevêque de Vaduz, au Liechtenstein – une circonscription ecclésiastique détachée à cette occasion du diocèse de Coire – le chapitre cathédral de Coire s’est réuni lundi après-midi pour décider de la marche à suivre pour l’élection de son successeur.
Les membres du chapitre ont le droit d’élire l’évêque de Coire à partir d’une liste de trois candidats proposés par Rome, après les consultations menées par le nonce apostolique. Le choix du nouvel évêque est alors confirmé par le pape. Selon le TA, au moins la moitié des 24 chanoines membres du chapitre – taxés de conservateurs – seraient favorables au candidat qui a les faveurs de Rome.
«Favori de Rome»
Qualifié de «favori de Rome» par le quotidien zurichois, le président de la Conférence épiscopale suisse figurerait selon le TA sur une liste de quatre candidats élaborée par le nonce à Berne après la consultation secrète effectuée auprès d’une centaine de prêtres et de laïcs du diocèse de Coire. Le TA, qui titre sur la une «Rome veut Grab comme successeur de Haas», affirme que c’est vraisemblablement le nonce lui-même qui aurait placé son nom sur la liste, car Mgr Grab n’appartient pas au clergé du diocèse de Coire.
Le TA relève que Mgr Grab, 68 ans, religieux bénédictin, est un parfait trilingue. Il a gagné ses galons comme évêque auxiliaire dans la ville calviniste de Genève et passe pour un diplomate averti d’obédience conservatrice. Il aurait envoyé il y a trois ans au Vatican une «expertise favorable» sur le séminaire de Coire réorienté par Mgr Wolfgang Haas. Interrogé par l’agence APIC, Peter Rutz, responsable du séminaire de Coire, n’a pas confirmé ce jugement. Il a souligné simplement que Mgr Grab avait été chargé par la Congrégation romaine pour l’éducation catholique – responsable des séminaires et des institutions d’enseignement – d’effectuer une «visitatio» de tous les séminaires de Suisse. Mais les résultats de cette visite, transmis uniquement à la Congrégation romaine concernée, ne sont connus ni de lui ni de la Conférence des évêques suisses.
Selon le «Tages Anzeiger», les autres noms figurant sur la liste élaborée par le nonce sont ceux du curé de la paroisse de St-Pierre et Paul de Winterthur, Josef Annen (53 ans), de l’évêque auxiliaire de Coire résidant à Zurich Peter Henrici (69 ans) et du chanoine Vitus Huonder (56 ans), custode de la cathédrale de Coire.
Rappelons que l’évêché de Coire, en se basant sur l’article 165 du code de droit canonique, avait d’abord indiqué que l’élection du nouvel évêque devait avoir lieu impérativement avant le 21 mars, soit trois mois exactement après l’installation de Mgr Haas comme archevêque de Vaduz. Le canon 165 précise que «si un collège ou un groupe de personnes possède le droit d’élire à un office, l’élection ne sera pas différée au-delà de trois mois utiles à compter du jour où est connue la vacance de l’office. Passé ce délai, l’autorité ecclésiastique qui possède le droit de confirmer l’élection (…) pourvoira librement à l’office vacant».
Le 22 janvier, la nonciature apostolique déclarait pourtant à l’agence APIC que ce délai courait, dans le cas spécial de Coire, après la présentation au chapitre de la liste des trois candidats (dite «terna») à l’épiscopat. Après la réception de la liste, les 24 chanoines du diocèse de Coire auront trois mois pleins pour se mettre d’accord sur le nom du nouvel évêque. Jusqu’à ce que la liste parvienne au chapitre cathédral, il pourrait encore se passer un certain temps. (apic/job/be)




