La mémoire des 45 Indiens massacrés le 22 décembre

Berne: L’évêque des Indiens du Chiapas en visite en Suisse

Berne, 19 février 1998 (APIC) Mgr Samuel Ruiz, l’évêque des Indiens du Chiapas, au Mexique, était de passage mercredi à Berne. Visite au président de la Confédération, conférence de presse, liturgie œcuménique le soir à l’église de la Ste-Trinité. Un menu copieux pour dire et redire la soif de justice et de paix des Indiens du Chiapas. Mais aussi pour évoquer la mémoire du sacrifice des 45 paysans indiens tzotzils, dont 15 enfants, massacrés le 22 décembre dans le village d’Acteal,

Interrogé mercredi à Berne par l’Agence APIC, Mgr Ruiz estime que le travail de médiation, même s’il est momentanément interrompu, est plus que jamais nécessaire pour renouer les fils du dialogue entre l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et le gouvernement fédéral.

Rencontre avec Flavio Cotti

Sa visite en Suisse lui a permis de rencontrer le Conseiller fédéral Flavio Cotti. «C’est d’abord une visite de courtoisie. J’ai ainsi pu mieux informer le président de la Confédération de ce que nous vivons concrètement. Ce n’est pas à moi à dicter ce que peut faire la Suisse pour nous, mais je suis heureux, comme je le fais partout où je passe, d’éclairer les faits repris très amplement par les médias du monde entier. Au-delà de mes convictions politiques personnelles, ma mission est essentiellement pastorale. Servir mon peuple au nom de la justice et de la paix qui sont pour moi des options évangéliques».

Pour mieux comprendre le déroulement et les responsabilités du drame du 22 décembre, l’évêque mexicain fait confiance à l’analyse de l’anthropologue André Aubry, de l’»Instituto de Assesoria antropologica para la Regio Maya ACS», publié le 30 décembre dernier, et intitulé «Acteal»: un Oradour mexicain. Mgr Ruiz signale en outre l’édition du 28 décembre de la revue des jésuites mexicains «Proceso». «L’analyse politique des faits me paraît ici fondée et sérieuse».

Vu les moyens employés par ceux qui ont massacré les 45 Indiens à Acteal, l’évêque de San Cristobal de las Casas dit comprendre que beaucoup ont fui leur communauté et qu’ils attendent un climat plus propice à la paix pour rentrer dans leurs maisons.

Enfin l’évêque reste tenace dans son action. Malgré les menaces de mort, – dont il refuse de parler – il veut rester disponible, au nom de sa foi et de l’amour de son peuple pour le service de médiation entre l’armée zapatiste et le gouvernement fédéral mexicain. «Si la guerre commence chez nous, il faudra tout faire pour en combattre les effets terribles, mais si la paix s’installe, il faudra aussi tout faire pour la confirmer dans la justice». (apic/ba)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!