Mgr Schönborn invite Mgr Groer à demander pardon

Rome: Mise au point de Mgr Schönborn sur l’affaire Groer et les défis pour l’Eglise

Rome, 20 février 1998 (APIC) A la veille du consistoire où il sera créé cardinal par Jean-Paul II, le 21 février, l’archevêque de Vienne, Mgr Christoph Schönborn, a invité son prédécesseur le cadinal Hans Hermann Groer à trouver une parole «d’aveu et de demande de pardon». Après de nouvelles accusations d’abus sexuels, Mgr Groer est au centre d’une affaire qui secoue profondément l’Eglise catholique en Autriche. De son côté, Mgr Groer, à l’étonnement de tous, a débarqué à Rome jeudi et s’est entretenu vendredi avec le pape Jean Paul II

«Je voudrais commencer par un éclaircissement important a tenu à souligner, en allemand, Mgr Schönborn. Je crois que nous devrions tous nous réjouir de tout coeur de la venue à ce consistoire de monde prédécesseur le cardinal Groër, si lui-même pouvait trouver une parole d’aveu, de confession [Bekenntnis] et de demande de pardon. Je voudrais vous inviter à prier pour qu’il puisse y parvenir afin que lui et nous recevions une parole de libération. L’Evangile est un message de vérité et de pardon, et de nouveau départ. Et l’Eglise, dans notre pays, ne retrouvera pas la paix et le renouveau, si nous ne réussissons pas tous ensemble, nous qui voulons être chrétiens, à trouver au moyen de l’Evangile, la sincérité, la demande de pardon et le renouvellement.»

A propos de la «pétition du peuple de Dieu» et du mouvement «nous sommes l’Eglise» qui revendique en substance une plus grande démocratie dans l’Eglise, Mgr Schönborn a répondu qu’il cherchait actuellement à élargir le dialogue avec tous les groupes de fidèles laïcs de l’Eglise en Autriche.»

Pas de rencontre entre Bartholomée Ier et Jean Paul II à Salzbourg

Les relations avec les Eglises orthodoxes et l’éventualité d’une rencontre du patriarche œcuménique de Constantinople et du pape jean Paul lors de sa visite à Salzbourg en juin, ont été au centre des autres questions des journalistes. Une telle affirmation est un «mythe» a précisé Mgr Schönborn.

Il a ensuite expliqué qu’en tant qu’archevêque de Vienne, il «travaillait à un renforcement du travail oecuménique» vis-à-vis de l’orthodoxie, mais aussi avec les protestants, et qu’il menait «un travail particulier avec la religion juive». A ce propos, répondant à une question personnelle, il a confirmé descendre d’ancêtres juifs pour une partie de sa famille.

Enfin, commentant les relations actuellement tendues entre catholiques et orthodoxes, Mgr Schönborn a précisé en italien : «Il y a tout d’abord les difficultés internes à l’orthodoxie dans l’Eglise russe après 80 ans de persécutions. Retrouver la liberté dans ces conditions est une chose humainement difficile. C’est pourquoi je préconise une grande patience du côté catholique et une aide. Nous devons aider les orthodoxes en Russie autant qu’il nous est possible de le faire. Nous devons les aider généreusement. Mais la situation de l’Eglise de Constantinople est elle aussi extrêmement difficile, avec la Turquie. Ils sont besoin de sympathie, d’aide fraternelle et non pas de jugements et de préjugés.»

Futur préfet de la Doctrine de la foi ?

Interrogé sur ses liens avec l’actuel Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Ratzinger, et sur la possibilité de lui succéder, Mgr Schönborn a observé en anglais qu’il n’avait jamais été l’élève direct du Cardinal Ratzinger mais qu’il avait participé à deux reprises à des cercles d’études avec lui, sans compter le travail au sein de la commission théologique internationale, et le travail d’élaboration du Catéchisme de l’Eglise Catholique. Amusé de la question sur la succession, il a noté que le cardinal Ratzinger avait «retrouvé une bonne santé» et qu’il lui souhaitait une «longue vie».

Quant aux défis qui attendent l’Eglise au troisième millénaire, Mgr Schönborn estime qu’ils sont de deux ordres. «A l’intérieur de l’Eglise, il faut faire des progrès dans le domaine spirituel et théologique car nous sommes dans une phase de faiblesse après la grande phase du Concile Vatican II. Il importe également de retrouver les sources vives d’une belle liturgie, avec le sens du mystère, car tant de personnes se lamentent de la perte du sens de la liturgie. Ensuite, en direction du monde, tellement pluraliste, l’Eglise doit se mettre humblement au service de la société civile».(apic/imed/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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