Rome: Jean Paul II dénonce un «nouvel eugénisme sélectif»
La dérive du diagnostic prénatal
Rome, le 24 février 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II dénonce la diffusion d’un «nouvel eugénisme sélectif», et une «dérive» du diagnostic prénatal vers une discrimination contre laquelle il demande la mise en place d’une protection juridique de tout être humain. Il l’a rappelé mardi aux membres de l’Académie pontificale pour la vie qui tient sa IVe Assemblée générale annuelle, au Vatican, du 23 au 25 février.
Thème de l’Assemblée générale: «Le génome humain: personnalité humaine et société à venir». La réunion prévoit 16 communications sur différents aspects du thème: scientifique, éthique, politique et juridique.
«J’ai le devoir d’exprimer ma préoccupation, a déclaré Jean Paul II, devant l’instauration d’un climat culturel qui favorise la dérive du diagnostic prénatal dans la direction qui n’est plus celle de la thérapie, ordonnée à un meilleur accueil de la vie de l’enfant à naître, mais plutôt dans celle de la discrimination de ceux qui se révèlent de ne pas être sains d’après l’examen prénatal».
Le pape explique en effet qu’il existe une «grave disproportion» entre les performances du diagnostic et le peu de possibilités thérapeutiques actuelles. Cette disproportion, continue le pape, met les familles devant de graves problèmes éthiques. Elles ont donc besoin d’être soutenues pour accueillir la vie naissante lorsqu’elle se révèle «affligée d’un défaut ou d’une malformation».
Jean Paul II dénonce la diffusion «d’un nouvel eugénisme sélectif» qui se manifeste par la «suppression» des embryons et des foetus affectés de maladie.
Des remparts juridiques utiles
Le pape souhaite la mise en place, «d’urgence», de «remparts juridiques» qui protègent le génome humain, et, de façon générale, le droit à la vie. Il demande donc la reconnaissance juridique de «la dignité de l’être humain comme personne» dès le moment de sa conception. Pour cela le pape s’appuie la réalité du génome humain, élément «structurant et constructif du corps», à partir de la conception jusqu’à la mort naturelle. Le génome est en effet présent, «au moment de la procréation, où les patrimoines génétiques du père et de la mère s’unissent». Cette «vérité» sur le génome pousse l’Eglise à défendre «la dignité humaine de tout individu, dès qu’il commence à vivre».
Jean Paul II défend l’unité substantielle, chez l’homme, entre le corps et l’esprit. Par conséquent le génome humain ne se réduit pas à sa signification biologique. Il est porteur d’une «dignité anthropologique» qui a son fondement dans «l’âme spirituelle» qui le vivifie.
Le pape a mis en garde ses auditeurs contre une mentalité qui cherche le savoir non pour «admirer et contempler» mais pour augmenter son pouvoir: une logique qui peut «emprisonner l’homme lui-même». Une telle logique «pourrait porter à intervenir sur la structure interne de la vie de l’homme même dans la perspective de le soumettre, de le sélectionner et de manipuler le corps, et, en définitive, la personne et les générations futures». (apic/imed/ba)




