Une attitude qui cause du tort à l’Eglise

Autriche: Le silence du cardinal Groër de plus en plus critiqué

Vienne, 26 février 1998 (APIC) Les critiques contre le silence du cardinal Hermann Groër face aux diverses accusations d’abus sexuels dont il est l’objet se font de plus vives en Autriche. «Si Mgr Groër a fait quelque chose il doit le dire. S’il n’a rien fait, il doit se défendre», souligne Heinrich Ferenczy, Abbé du monastère bénédictin de Schotten, à Vienne.

Invité à s’exprimer publiquement par son successeur à l’archevêché de Vienne, Mgr Christoph Schönborn, le cardinal Groër a répondu vouloir «maintenir son silence dur comme fer». Quant à la visite apostolique ordonnée par le Vatican à l’Abbaye bénédictine de Göttweig dont il dépend, Mgr Groër estime qu’elle ne le concerne pas personnellement. «En tant que cardinal, je dépends directement du pape».

L’Abbé Ferenczy ne voit qu’une explication au silence de Mgr Groër. «Je crois qu’il s’agit d’un phénomène psychologique qu’il ne faut pas sous-estimer: c’est un cas éclatant de refoulement». Le Père Udo Fischer, un des «plaignants» de l’affaire Groër, lors d’une émission de TV n’est pas parvenu non plus à expliquer en quoi consistaient exactement ses accusations contre le cardinal. La question est tombée dans le vide.

Quant au fait d’avoir suspendu le Père Fischer de sa charge de curé de Paudorf, l’Abbé Ferenczy se dit choqué d’une telle mesure. Les évêques d’Autriche devraient faire comprendre à leur collège Mgr Kurt Krenn «qu’il a atteint une certaine limite». Mgr Krenn ne fait pas de bien à l’Eglise s’il intervient toujours ainsi dans l’actualité. Cette manière omnipotente de simplement chasser les gens n’est pas conforme à l’Evangile, souligne l’Abbé. Malheureusement un dialogue fraternel n’est plus possible.

Pour Heinrich Ferenczy, l’affaire Groër, et maintenant le cas Fischer ne sont pas le vrai problème de l’Eglise. Le fait est que des centaines de curés, de prêtres et de laïcs n’ont plus d’orientation parce qu’ils sont dépassés par les événements et n’ont plus d’espoir. L’Abbé Ferenczy collabore lui-même au ministère dans un quartier de Vienne où on se sait plus comment repourvoir les postes vacants. Peu de gens abordent ouvertement ces questions. C’est la raison pour laquelle la question des «viri probati» c’est-à-dire l’ordination d’hommes mariés est simplement «évacuée». Le problème est que tant de prêtres n’en peuvent tout simplement plus; qu’on ne peut plus transmettre l’Evangile aux hommes, conclut-il. (apic/kap/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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