Les profs souhaitent une meilleure formation religieuse

France: Les enseignants redécouvrent le fait religieux

Paris, 28 janvier 1998 (CIP) Beaucoup d’enseignants redécouvrent en France le fait religieux et souhaitent une meilleure formation, indique «La Croix», qui rend compte d’un colloque sur «Religion à l’école et laïcité», organisé les 24 et 25 janvier à l’Institut des sciences et de théologie des religions de Toulouse.

Ancien recteur de l’Académie de Toulouse et professeur à l’Université d’Aix-Marseille, Philippe Joutard a été chargé en 1989 par Lionel Jospin, à l’époque ministre de l’éducation nationale, d’une mission de réflexion sur l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales. «On assiste à un renouveau de l’intérêt de la part des enseignants pour le fait religieux et à une forte demande de formation, mais le sujet est complexe. Les professeurs ont parfois peur d’aviver des tensions», a-t-il déclaré au colloque de Toulouse.

Une des recommandations du chargé de mission a été d’accorder une place importante à l’histoire des religions. C’est ainsi que, depuis la rentrée 1977, les programmes d’histoire ont remis l’accent au lycée sur les trois grandes religions monothéistes.

Le colloque de Toulouse a permis de réfléchir aux conditions d’un tel enseignement. «L’approche du fait religieux, a souligné Philippe Joutard, ne peut être que transversale et multidisciplinaire, inscrite dans une réflexion sur le sens des valeurs et des grandes questions que sont la vie, l’amour et la mort». (cip/cx/mp/pr)

Italie: Nouvelles normes pour les causes de nullité de mariage

La Conférence épiscopale fixe les frais à un million de lires

Rome, 28 janvier 1998 (APIC) Les évêques italiens ont établi dès le 1er janvier de nouvelles normes pour les procès matrimoniaux. Principale nouveauté : «l’allégement économique» de la procédure. Les couples introduisant une demande de nullité de mariage ne paieront désormais pas plus d’un million de lires (environ 800 francs). Le «mythe» selon lequel les sentences de nullité s’achètent en prend un sérieux coup, commente la presse italienne.

Les frais que les couples auront à leur charge sont désormais limités à 700 mille lires (560 francs) pour la partie entamant la procédure et 350 mille lires (245 francs) pour l’autre partie. Le coût réel de la procédure s’élève à 7 ou 10 millions de lires (5’600 à 8’000 francs), selon qu’un appel est nécessaire ou non. Après la sentence définitive, le tribunal de première instance sera chargé d’établir le coût de la cause et, «en pleine liberté», les parties pourront verser directement à la Conférence épiscopale italienne (CEI) une offrande pour les besoins de l’Eglise en Italie. Mais absolument rien d’obligatoire.

Quant aux honoraires des avocats dépendant directement des tribunaux, le pape Paul VI en avait fixé les (modestes) barèmes en 1972, ainsi que ceux des frais d’expertise (psychiatrique ou médicale par exemple). Les nouvelles normes prévoient la création d’un «patron stable», un avocat salarié par la CEI à disposition des fidèles pour les causes matrimoniales. Chacun des 19 tribunaux ecclésiastiques italiens aura ainsi à disposition deux avocats qui assureront un service de consultation préliminaire à l’éventuelle introduction de la cause et l’assistance au cours des procès. Restant sauve la liberté pour les conjoints d’avoir recours à un autre avocat de leur choix, tenu alors de respecter avec «équité» la grille d’honoraires fixée par la CEI.

Ces nouvelles dispositions, entrées en vigueur le 1er janvier, feront disparaître le «mythe» que les sentences de nullité s’achètent, commente la presse italienne. C’est d’ailleurs ce que voulaient les évêques. «Il fallait, explique Mgr Domenico Mogaro, co-directeur du bureau de la CEI pour les questions juridiques, éviter tout soupçon d’un lien entre l’issue de la cause et les frais engagés. Il était temps de se défaire de ce lieu commun que ces causes sont réservées aux riches».

Cesare Rimini, avocat milanais, interrogé par le «Corriere della Sera», se dit également satisfait de ces nouvelles normes. «L’Eglise ’bat’ l’Etat, dit-il. Ce sera une justice purifiée, parce que peu coûteuse. L’Eglise met sa justice à la disposition des citoyens, ou plutôt, des croyants, dans un pays où le coût de la justice n’est certainement pas exemplaire. L’Eglise rapproche ses tribunaux des gens «. (apic/imed/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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