Jean-Paul II demande à Cuba plus d’ouverture à l’extérieur
Rome: Le pape reçoit le nouvel ambassadeur cubain
Rome, 2 décembre 1999 En recevant jeudi au Vatican le nouvel ambassadeur cubain Isidro Gomez Santos, le pape Jean-Paul II a centré son discours sur la nécessité d’une plus grande ouverture à l’extérieur et d’une plus grande liberté à l’intérieur de Cuba.
Evoquant l’esprit hospitalier et le désir de liberté du peuple cubain, le pape a en effet invité son gouvernement à les promouvoir résolument, dans un climat de détente et de confiance dans lequel les droits fondamentaux de la personne humaine soient sauvegardés. Pour Jean-Paul II, les limitations des libertés fondamentales sont en effet l’une des causes de la pauvreté matérielle et morale du peuple cubain.
Un tel climat «est également fondamental pour pouvoir conquérir sa propre crédibilité sur la scène internationale», a fait remarquer le pape. Le pape a néanmoins rompu une lance pour la suppression de l’embargo qui frappe l’île, Invitant à «une ouverture effective et généreuse du monde à Cuba et de Cuba au monde». «Cuba ne doit pas être privée de liens avec les autres peuples parce que ceux-ci sont indispensables pour un développement économique, social et culturel sain». Le pape a donc exprimé le souhait que l’île «trouve dans la communauté internationale l’appui et l’aide financière pour affronter de manière adéquate les nécessités de l’heure présente», tout en soulignant que «ce chemin sera plus facile si à son tour Cuba promeut de nouveaux espaces de liberté et de participation pour ses habitants».
Jean-Paul II a également souhaité une ouverture encore plus généreuse du pays aux prêtres et aux religieux arrivant de l’étranger. Evoquant les relations entre l’Eglise et l’Etat cubain, le pape a affirmé qu’elles «doivent se maintenir dans le respect mutuel et la cordialité», dans une «atmosphère d’authentique liberté religieuse». Pour clarifier ces relations, a-t-il précisé, il est fondamental de distinguer clairement entre les actions des catholiques à titre personnel en tant que citoyens, et celles qu’ils réalisent au nom de l’Eglise en accord avec ses pasteurs.
Jean-Paul II a fait d’autre part une discrète allusion au problème de la prostitution à Cuba, en parlant de la nécessité de «préserver les citoyens de toute forme de corruption et de certaines plaies sociales qui impliquent spécialement les jeunes».
L’agression américaine
De son côté, l’ambassadeur cubain a évoqué «l’agression» subie par Cuba de la part des Etats-Unis dans les quarante dernières années, et les mesures économiques restrictives «injustes et éthiquement inacceptables», en parlant même de «blocus génocidaire». «Face à la réalité internationale actuelle, nos relations sont et doivent continuer à être un apport à la paix et à la justice mondiale», a conclu l’ambassadeur de Cuba près le Saint-Siège. (apic/imed/mp)




