Le Vatican dément officiellement et fait taire la rumeur
Relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège
Rome, 15 décembre 1999 (APIC) Les relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège ne sont pas pour demain. Après la Chine, le Vatican dément officiellement les rumeurs à ce sujet. Ces dernières ne sont que pures «spéculations de journalistes», confie de son côté à l’APIC une personnalité du Vatican désireuse de garder l’anonymat, qui admet pourtant que des «signes positifs» sont actuellement perçus du côté de Pékin.
Le Vatican a en effet officiellement démenti mercredi les informations apparues dans la presse quant à de possibles relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège.
«Au sujet des informations apparues aujourd’hui dans les journaux quant aux relations entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège, peut-on lire dans un communiqué signé par le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls, je dois préciser que ces informations publiées aujourd’hui ne contiennent aucune nouveauté par rapport à celles diffusées en octobre dernier. Depuis lors, conclut le communiqué, il n’y a eu aucune nouveauté à part les messages du Saint-Père aux catholiques en Chine et au diocèse de Macao».
De semblables rumeurs venant de Hong Kong avaient en effet été démenties le 25 octobre dernier. Le Vatican précisait alors que «le Saint-Siège désire avoir de bons contacts avec tous les pays, et donc avec la Chine aussi, où il existe une communauté catholique».
Ce ne sont que des «spéculations de journalistes afin de provoquer un démenti ou une confirmation» commente d’un autre côté la personnalité vaticane, suite à un article paru dans un quotidien de Hong Kong, le «South China Morning Post». Ce dernier laisse entendre dans son édition du 15 décembre qu’un accord de «reconnaissance réciproque» entre le Vatican et la Chine pourrait avoir lieu au début de l’an 2000 en vue de futures relations diplomatiques.
L’information a d’ailleurs fait l’objet d’un démenti immédiat du porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, qui a surtout rappelé les deux conditions nécessaires à des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Pékin à savoir, que le Saint-Siège suspende ses relations diplomatiques avec Taiwan et qu’il ne s’immisce pas dans les affaires intérieures chinoises, y compris sous prétexte religieux.
La seule nouveauté, souligne-t-on officieusement au Vatican, sont les deux lettres du pape publiées la semaine dernière: la première adressée aux catholiques chinois de Macao au moment où ce territoire passe à la Chine, mais, surtout, le message écrit par Jean Paul II à l’occasion de l’Année Jubilaire. Ce message du pape appelle à la réconciliation entre l’Eglise catholique «clandestine» et l’Eglise «patriotique» chinoise pour parvenir à l’union de ces deux églises pour le troisième millénaire.
Travail de fond et signes positifs
C’est un travail de fond, précise-t-on au Vatican, qui semble entrevoir des «signes positifs». Ce message du pape a en effet été motivé par la décision des évêques «patriotiques» de Pékin de faire paraître, en juillet dernier, dans le bulletin de l’association patriotique, la bulle d’indiction du Jubilé publiée par Jean Paul II le 29 novembre 1998. Les autorités chinoises n’ayant pas manifesté de mécontentement, l’Eglise «patriotique» se prépare ainsi, comme l’Eglise catholique romaine, aux célébrations du Jubilé.
Selon l’agence Fides, l’évêque «officiel» de Pékin, Mgr Fu Tieshan, aurait désigné les quatre grandes églises de Pékin comme lieu pour l’obtention de l’indulgence plénière. Chaque diocèse aurait ainsi préparé des petits livres d’explication et les modalités de préparation spirituelle au Grand Jubilé alors que, selon la même source, le symbole officiel du Jubilé aurait été affiché sur la façade de toutes les églises en Chine.
Pour le Vatican, ces prises de position des évêques «patriotiques» montrent «un certain courage» et, c’est là la nouveauté, attestent de «signes positifs de communion avec le Saint Siège». (apic/imed/pr)




