Une demande de reconnaissance canonique a été déposée

Paris: Le cardinal Lustiger veut ouvrir sa propre faculté de théologie

Paris, 17 décembre 1999 (APIC) Le diocèse de Paris avait déjà sa radio – Radio Notre Dame, son hebdomadaire – Paris Notre-Dame. Il s’est récemment doté d’une télévision – KTO. Aura-t-il bientôt sa propre faculté de théologie ? L’hebdomadaire «La Vie» vient de révéler qu’une demande en ce sens a été déposée voici quelques mois au Vatican, auprès de la Congrégation pour l’éducation catholique. Selon «La Vie», le cardinal Lustiger en a parlé directement à Jean-Paul II.

L’archevêque de Paris voudrait obtenir le statut canonique de faculté de théologie catholique pour le Studium, l’un de ses propres organismes de formation regroupés au sein de l’Ecole cathédrale. Le Studium s’occupe de la formation intellectuelle des séminaristes du diocèse. Le projet KTO, la télévision du diocèse, a récemment suscité l’ire des responsables de l’émission publique le Jour du Seigneur. A ce jour, une campagne de pétition pour la défense cette émission a récolté 300’000 signatures.

La fac du cardinal, si elle devait exister, à condition qu’elle réponde à de nombreux critères d’habilitation, provoquera pareillement des remous dans les milieux universitaires catholiques. Certains redoutent qu’elle soit perçue par l’opinion publique catholique comme un désaveu du travail accompli au Centre Sèvres, dirigé par les jésuites, ou à l’Institut catholique de Paris, dont le chancelier, c’est-à-dire le représentant du Saint-Siège n’est autre que le cardinal Lustiger en personne… Cette initiative va, de surcroît, apporter de l’eau au moulin des détracteurs du cardinal Lustiger, agacés par sa propension à faire cavalier seul, voire à outrepasser ses fonctions.

Pour l’heure, Rome n’a pas donné de réponses et consulte encore la Conférence épiscopale de France et les facultés concernées. Mais l’archevêque de Paris semble déterminé car il voit dans ce projet le prolongement logique de son propre séminaire diocésain, qu’il a créé en 1984. Il s’inquiète, dans un article intitulé «La pratique théologique dans un monde sécularisé» à paraître dans le numéro de janvier de la revue Etudes, que la pratique théologique puisse devenir «un simple département des sciences humaines». Mgr d’Ornellas, évêque auxiliaire de Paris – un des successeurs potentiels du cardinal Lustiger -, a pour sa part déclaré à «La Vie» : «L’université du clergé diocésain est pour nous une priorité. Nous voulons lier, de manière intrinsèque, la formation pastorale, intellectuelle et spirituelle des futurs prêtres pour l’annonce de l’Evangile au monde d’aujourd’hui. Nous voulons aussi que cette formation soit centrée sur la Parole de Dieu.» En réponse, Mgr Valdrini, recteur de l’Institut catholique de Paris, a fait valoir auprès de «La Vie» que, précisément, la faculté de théologie de son université, créée en 1889, «s’appuie sur la Parole de Dieu et conduit à une expérience spirituelle et pastorale.» (apic/jcn/mp)

17 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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