Les évêques de Chine, présents «de cœur» en Inde, écrivent au pape Jean Paul II

Empêchés d’aller recevoir le message du pape pour l’Asie

Rome, 7 novembre 1999 (APIC) Plusieurs évêques catholiques de Chine continentale, empêchés de se rendre en Inde pour recevoir de la main du pape l’exhortation apostolique adressée à l’Eglise catholique en Asie, ont adressé un message à Jean Paul II.

Le cardinal chinois Ignatius Gong Pin-mei, âgé de 98 ans, archevêque de Shanghai aujourd’hui exilé à Stamford, aux Etats-Unis, a écrit au pape ainsi qu’au cardinal Jan Schotte, secrétaire général du Synode des évêques, «au nom de tous les évêques clandestins» et de tous les catholiques de Chine «fidèles» à Rome. Le cardinal Pin-mei, qui a passé trente ans de sa vie dans les prisons chinoises, remercie le pape pour son exhortation apostolique et excuse les évêques qui, «en raison de circonstances indépendantes de leur volonté» n’ont pu assister ni au Synode de1998 ni au rassemblement de New Delhi.

Au cours du Synode du printemps 1998 à Rome, les sièges des deux évêques chinois qui n’avaient pas été autorisés par Pékin à faire le voyage, étaient restéés vides durant les quatre semaines de travail. Mgr Matthias Duan Yinmin, évêque de Wanxian et son auxiliaire, Mgr Joseph Xu Zhixuan, avaient cependant adressé un message télécopié au cardinal Schotte, l’assurant de leur présence «spirituelle».

L’agence missionnaire catholique Fides à Rome, qui rapporte ces messages, a pu s’entretenir, à l’occasion du nouveau voyage du pape en Inde, avec un évêque chinois de 86 ans, Mgr Joseph Xu Zhixuan. Souhaitant un bon voyage à Jean-Paul II, cet évêque formule aussi le vœu que la mission du pape porte des fruits «à la lumière de l’Evangile». «Le pape est toujours dans nos pensées et en ce moment, nous aimerions être des Indiens, qui ont plus de chance que nous. Nous en venons presque à les envier parce qu’on leur permet, à eux, d’accueillir le pape dans leur propre pays.»

Contacts avec Rome maintenus, messages du pape en latin

«Notre absence ne diminue cependant en rien notre foi ni notre rôle dans l’Eglise d’Asie, ajoute cet évêque. Nous sommes toujours e communion avec l’Eglise universelle et avec le successeur de Pierre. Nous sommes en pensées et de tout cœur en communion avec lui.» Mgr Matthias Duan Yinmin, 91 ans, seul évêque résidentiel de Chine aujourd’hui nommé par le Vatican, confiait à la mi-octobre dans une interview à l’agence catholique asiatique UCANews: «Je ne rencontrerai probablement jamais Jean Paul II. Mais nous sommes en contact. De temps en temps, nous échangeons des messages télécopiés en latin. J’ai reçu un télégramme du pape pour le 50e anniversaire de mon ordination épiscopale, le 18 octobre dernier. Il s’inquiétait pour ma santé. J’ai également pris des nouvelles de la sienne.» Par l’intermédiaire d’un délégué de Hong Kong présent à New Delhi, il a fait remettre au pape un petit objet d’art réalisé par des artisans de Wanxian. (apic/cip/fides/be)

7 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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