Vive polémique entre partisans et adversaires
Sénégal: Collégienne musulmane expulsée d’une école privée catholique pour le voile
Dakar, 8 novembre 1999 (APIC) L’expulsion, pour port de voile, d’une jeune élève musulmane d’un établissement d’enseignement privé catholique provoque une polémique au Sénégal. Adversaires et partisans de cette mesure disciplinaire sont opposés sur l’opportunité du renvoi ou non de l’écolière incriminée. Le voile est une distinction religieuse qui apporte, selon la direction de l’école, des perturbations chez les autres élèves.
Les faits remontent au 21 octobre dernier. Ils continuent de susciter de vives discussions dans le pays à 96% musulman. Le conseil de discipline du collège du Sacré-Cœur (situé dans un quartier résidentiel de Dakar) a révoqué la petite Dieynaba Dia Diop, qui venait d’entamer ses études secondaires, en expliquant qu’elle fréquentait l’école avec un voile sur la tête. Dans une note à ses parents, le conseil relève notamment: «Vous n’ignorez certainement pas la spécificité du collège, qui est une école privée catholique…»
En réponse, la mère de la collégienne a demandé aux responsables du collège où elle envoyait pour la première fois son enfant, de préciser, de façon nette et par confirmation écrite, les motifs de l’exclusion de sa fille. Elle rejette l’argument de perturbation invoqué.
Soutenue par des organisations islamiques, la mère de la jeune fille a décidé d’engager un bras de fer avec la direction de l’établissement privé catholique. D’ores et déjà, elle a saisi la justice ainsi que les dirigeants politiques et chefs religieux du pays, dont l’archevêque de Dakar, Mgr Yacinthe Thiandoum. Parmi les nombreuses organisations fondamentalistes qui la soutienne, «Jamra», l’une des plus modérées, s’est constituer partie civile pour défendre les intérêts de la famille Diop.
Selon les responsable de cette organisation, les raisons de l’exclusion de la collégienne sont un «dangereux précédent» et apparaît «comme une manifestation d’intolérance religieuse, une attitude hostile à la religion musulmane».
Le très critique hebdomadaire populaire, «Le Témoin», a pour sa part approuvé la décision de la direction du collège du Sacré-Cœur, estimant que de façon générale, les écoles privées catholiques – qui n’ont «jamais prétendu» être laïques -, ont «leurs propres règles de conduite auxquelles sont tenus d’adhérer tous ceux qui veulent y faire scolariser leurs enfants. Cette adhésion est d’autant plus obligatoire, relève enfin l’hebdomadaire, que les responsables de ces écoles ne forcent aucun parent d’élève musulman à amener ses enfants chez eux». (apic/ibc/tg/pr)




