Un nouveau lieu de paroles pour les catholiques suisses?

Suisse: Coordination interdiocésaine 1999 des Conseil pastoraux diocésains et cantonaux

Hertenstein, 8 novembre 1999 (APIC) Une grande rencontre ecclésiale suisse doit être mise sur pied pour renforcer le sentiment d’appartenance commune et l’identité des catholiques en Suisse. L’idée de ce «Forum», qui fait actuellement défaut à l’échelon national, était au centre de la réflexion des délégués des Conseils pastoraux diocésains et cantonaux réunis en fin de semaine à Hertenstein, dans le canton de Lucerne, à l’invitation de la Commission de planification pastorale de la Conférence des évêques suisses.

La proposition d’organiser ce Forum prend corps comme la réalisation, un jour peut-être, d’une «Diète des catholiques suisses». L’idée en avait été lancée il y a déjà plusieurs années par Leo Karrer, professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg. Il s’agit pour lui de créer avec la «Diète» une institution allant dans le sens d’une «Eglise synodale». Mais il faut d’abord poursuivre ou achever les projets diocésains en cours, comme l’assemblée diocésaine «AD 2000» en cours dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Le futur Forum pourrait alors s’inspirer de ce qui a été fait dans le cadre de ces assemblées vivantes.

Un Forum comme lieu officiel d’échanges serait la forme la plus appropriée pour donner une voix aux catholiques au plan national, estiment les délégués. Il est incontestable que les catholiques ont besoin d’un lieu où l’on peut librement prendre la parole, souligne pour sa part Vincent Eschmann, délégué du Conseil pastoral du Jura. Ce lieu devrait permettre de s’exprimer tant à propos des affaires internes à l’Eglise que sur les problèmes externes.

A moyen terme

Les conseillers pastoraux se sont mis d’accord à Hertenstein pour plaider la cause du Forum national, un projet qui se baserait sur les expériences récoltées dans le cadre des projets diocésains en cours ou qui vont démarrer. Raison pour laquelle la Coordination interdiocésaine des Conseils pastoraux estime qu’un grand projet national, compte tenu de ce qui se vit actuellement dans les diocèses, ne peut être envisagé actuellement. Une telle réalisation ne peut se faire qu’à moyen terme. L’abbé Markus Büchel, vicaire épiscopal du diocèse de St-Gall, abonde dans ce sens en indiquant que pour le moment toutes les forces pastorales sont mobilisées à St-Gall dans le projet diocésain: «Hé? Que crois-tu?», ce qui ne permet pas de dégager des capacités pour mettre sur pied un projet national. Annette Mayer-Gebhardt, déléguée de Genève, est du même avis, étant donné l’engagement des forces vives dans l’Assemblée diocésaine «Anno Domini 2000».

Terminer la Consultation oecuménique par une fête?

Plusieurs délégués sont d’avis que l’on peut organiser un événement national dans un plus bref délai: on pourrait clôturer la Consultation œcuménique sur «l’avenir économique et social de la Suisse» par une grande fête nationale de tous les chrétiens qui le souhaitent. Cela aurait l’avantage non seulement de renforcer l’œcuménisme mais aussi de bâtir quelque chose sur l’engagement qu’ont manifesté les auteurs des 1’000 prises de position sur la Consultation œcuménique, propose l’abbé Louis Pythoud, curé à d’Oron-la-Ville dans le canton de Vaud. «Il serait vraiment dommage que la consultation n’ait produit que du papier. On doit terminer cette consultation par une fête!»

Le Père Roland-Bernhard Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses (CES), répond à cette interpellation en rappelant qu’au moment du départ de la Consultation œcuménique, on avait laissé ouvert le choix des différentes manières de la conclure. Après le dépouillement des prises de position, le résultat de la Consultation sera examiné en commun les 8 et 9 mai prochain par le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et la CES. Ils décideront alors ensemble comment terminer la Consultation. Soit par une déclaration finale commune des Eglises, soit par une déclaration de chacune d’entre elles. Il est aussi possible que ce soit par une lettre pastorale ou un autre document. Rien n’est encore décidé. Une chose est cependant bien claire du côté catholique. «On ne va pas publier quelque chose irait moins loin que ce que dit la doctrine sociale de l’Eglise».

La Coordination interdiocésaine consacre beaucoup de place à l’information mutuelle. Cette année, les délégués ont ainsi présenté les différents projets diocésains en cours où les catholiques disposent d’un lieu où ils peuvent parler et poser leurs questions Des trois projets présentés, celui du diocèse de Bâle, qui doit conduire l’Eglise locale dans le 3e millénaire, est le moins avancé. Le diocèse de Bâle considère que l’an 2000 n’est qu’une étape dans ce cheminement, et non un but en soi, relève son vicaire général, Rudolf Schmid.

Quant au projet du diocèse de St-Gall, «Hé! Que crois-tu?», il doit renforcer l’Eglise en tant que communauté de foi, insiste Markus Büchel. Les sous-titres du projet confirment l’orientation prise: «Croire en communauté. Le diocèse de St-Gall en chemin vers le futur». Le projet est conçu sur trois ans selon le leitmotiv: «Voir, juger, croire». Dans de nombreux endroits, des croyants ont essayé de s’ouvrir les uns aux autres et de raconter leurs propres expériences de foi. Ce qui a fait découvrir à contrario, poursuit Markus Büchel, l’absence quasi-totale d’échanges approfondis sur le noyau central de la foi chrétienne dans les Conseils de paroisses et dans d’autres structures d’Eglise. Il a estimé que le projet en cours serait terminé à la fin de l’an 2000.

C’est en 1997, sous l’impulsion de Mgr Amédée Grab, alors évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qu’a été lancée l’Assemblée diocésaine «AD 2000». Son but est entre autres de renforcer la co-responsabilité des fidèles et la structure diocésaine. Dans les quatre cantons du diocèse, on trouve en effet des cultures d’Eglise bien différenciées. Tous les six mois, 120 délégués se retrouvent pour travailler ensemble les thèmes choisis. Les délibérations ont été préparées par 500 groupes de dialogue. La prochaine Assemblée aura lieu du 12 au 14 novembre à Morges, dans le canton de Vaud, sur le thème de l’oecuménisme. AD 2000 s’achèvera en juin 2000 lors d’une grande Assemblée diocésaine prévue au Forum Fribourg. (apic/wm/ba)

8 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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