Timor occidental: Appel de l’évêque d’Atambua aux catholiques de son diocèse

«Il faut rendre les biens volés au Timor-Oriental»

Timor Occidental, 17 novembre 1999 (APIC) L’évêque d’Atambua au Timor Occidental, Mgr Anton Pain Ratu, a demandé aux catholiques de son diocèse de rendre les biens volés au Timor-Oriental à la faveur du chaos qui a suivi le référendum du 30 août dernier. Le référendum a vu les Timorais de l’Est se prononcer massivement en faveur de l’indépendance de leur territoire et a marqué le début d’une campagne de destruction du Timor-Oriental par les milices pro-indonésiennes, soutenues par l’armée indonésienne.

«Les responsables catholiques m’ont demandé de lancer un appel à tous les gens du district de Belu, et spécialement aux catholiques, de rendre les biens volés à leurs propriétaires du Timor-Oriental», a déclaré Mgr Pain Ratu. L’évêque a également demandé aux catholiques de ne pas «commettre de péchés de vol en achetant du matériel vendu par les pillards. En tant que catholiques, il nous est interdit de voler, d’utiliser ou de consommer des biens volés, même si nous les avons achetés».

Mgr Pain Ratu a fait cette mise en garde alors que bat son plein la vente à des prix dérisoires des biens volés au Timor-Oriental. Les témoins affirment que les miliciens pro-indonésiens et le personnel militaire indonésien vendent les biens qu’ils ont pillés dans les maisons abandonnées et les magasins de Dili, capitale du Timor-Oriental, avant d’y mettre le feu. Il s’agit de biens d’équipement ménager et de matériel électronique, de motocyclettes, d’automobiles, d’antennes paraboliques et de matériaux de construction bradés à des prix très bas.

Selon le témoignage de Vincent Tobu, un enseignant catholique, des gens sont venus plusieurs fois chez lui pour lui vendre, à bas prix des téléviseurs ou des motocyclettes. «Ils m’ont demandé d’acheter leur marchandise mais j’ai refusé parce que je savais que c’étaient des choses volées et que je me serais senti coupable en les achetant». Cet appel de l’évêque, bien qu’un peu tardif, vient à point nommé parce que beaucoup de catholiques ont acheté des choses volées par les miliciens anti-indépendantistes. De nombreux agents pastoraux se sont déclarés prêts à servir d’intermédiaires pour la restitution des biens volés. (apic/eda/tg)

17 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!