Kenya: Evêques du Congo, Rwanda et Burundi réunis pour un message de paix
«Arrêtez les guerres!»
Nairobi, 19 novembre 1999 (APIC) Arrêtez les guerres!, demandent les évêques du Burundi, de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, membres de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC). Au terme d’une assemblée plénière statutaire tenue à Nairobi (Kenya) du 12 au 15 novembre, ces derniers publient un message final avec la signature de 56 évêques: 41 du Congo (47 diocèses), 7 du Burundi (7 diocèses) et 8 du Rwanda (9 diocèses).
Comme les précédents messages publiés ces derniers mois par les épiscopats de chacun des pays, celui qu’ils publient en tant que membres de l’ACEAC déplore les souffrances endurées par leurs peuples en raison de la guerre: morts, pillages, paupérisation, maladies, destructions des infrastructures. «La guerre, ajoutent-ils, a entraîné l’effritement des valeurs humaines, en particulier le respect de la vie et de la personne humaine, un grand nombre de réfugiés, de personnes déplacées ou regroupées, de veuves et d’orphelins. Elle a même abouti au génocide. Aujourd’hui encore elle incite à la haine et à la division, exacerbe les antagonismes et les sentiments ethnocentriques». Les évêques soulignent le «lourd tribut» payé par l’Eglise, et dénoncent que ces guerres ont aussi pour cible principale l’Eglise.
Les conditions d’une paix durable
Les évêques des trois pays se font une nouvelle fois l’interprète de toutes les populations de la région pour réclamer une paix durable, «qui ne peut être effective que dans un dialogue qui vise à une réconciliation sincère, fondée sur la justice et le pardon. Ce dialogue doit aussi viser à l’établissement d’un ordre constitutionnel consensuel et à l’instauration d’un Etat de droit porté par une culture démocratique. Il faut en outre un dialogue entre les Etats de la région, lequel ne peut aboutir que dans les conditions suivantes: respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque pays, respect des droits des personnes individuelles, respect des droits des groupes humains». Les pasteurs encouragent toutes les initiatives visant la réalisation de ces objectifs, notamment la poursuite des négociations d’Arusha, l’application des Accords de Lusaka et la tenue d’une Conférence internationale sur les pays des Grands Lacs, en vue d’une convivance harmonieuse entre nos peuples.
Le message s’adresse ensuite aux chrétiens, sur le thème de «l’Eglise famille de Dieu», qui «va bien au-delà de la famille biologique et clanique, car le Christ a détruit la barrière qui séparait les peuples»; aux agents pastoraux, aux dirigeants politiques, à la communauté internationale, ainsi qu’au Saint-Siège et aux Eglises sœurs, qu’ils remercient pour leur sollicitude.
A la communauté internationale, les évêques rappellent: «Les relations internationales enrichissantes à tout point de vue ne sont possibles que dans un climat de justice et de paix. Nos peuples ont aussi droit de vivre dans la paix. Nous vous invitons à une coopération bilatérale et multilatérale respectueuse de la souveraineté de chaque peuple et de son droit à l’autodétermination. Nos populations n’ont pas besoin de chars de combat et d’autres armes de guerre, mais d’outils pour le développement. L’industrie et le commerce des armes ne sont pour nos populations que des instruments de négation de leur dignité, de paupérisation et même de mort».
Les pasteurs invitent la communauté internationale à jouer efficacement son rôle dans la justice et la vérité, et à soutenir la tenue, dès que possible, de la Conférence des pays des Grands Lacs. Pour sa part, l’Eglise, experte en humanité, est prête à y apporter toute sa contribution.
Avant de conclure, les signataires ont une pensée pour Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, seul évêque rwandais absent, accusé de participation au génocide et dont le procès est en cours. (apic/cip/tg/pr)




