Deux policiers tués

Brésil: Conflit armé entre policiers et Indiens Patacho

Pau Brasil, 19 novembre 1999 (APIC) La ville de Pau Brasil, dans sud de l’Etat brésilien de la Bahia, à 550 km de Salvador, vit depuis jeudi dans un climat de haute tension. Deux soldats de la police militaire ont été tués par des Indiens. Ces derniers résistent à l’invasion de nombreux policiers sur leur territoire. 13 Indiens ont été arrêtés et emprisonnés.

Les Indiens Pataxo-ha-hae, de la région Caramuru Catarina Paraguaçu, ont repris mardi dernier 2’000 hectares de leur territoire ancestral, occupé jusqu’à présent par neuf domaines de grands propriétaires terriens. Près de 1’200 Indiens, avec l’appui des Pataxo du sud de l’Etat de Bahia ont participé à cette reconquête.

Les premiers incidents ont commencé dans la nuit de mercredi lorsque près de 150 policiers militaires de Itabuana et de Pau Brasil ont pénétré dans les terres indiennes.

Des rumeurs divulguées par les grands propriétaires laissaient entendre que les Indiens allaient envahir la ville de Pau Brasil. Sur ordre du maire, les écoles et les commerces ont été fermées, provoquant un climat tendu dans la ville et les environs. Une tension aggravée par la présence d’un très grand contingent d’hommes de la Police militaire, fortement armés.

Selon le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), lié à l’Eglise catholique, la police a décidé d’entrer dans le périmètre reconquis par les Indiens, sous prétexte de les protéger. «Le climat, calme au début, s’est brusquement détérioré avec l’arrivée massive des policiers, durant la nuit, a déclaré Saulo Feitosa, du CIMI. Ce dernier estime que le gouvernement de Bahia porte une lourde responsabilité dans ce qui est arrivé. Le représentant du CIMI se dit en outre inquiet pour l’intégrité physique de 13 Indiens incarcérés actuellement dans les prisons de Pau Brasil et d’Itabuna. «Chaque fois que la police militaire a envahi des territoire indiens et arrêté des personnes, il y eut toujours des cas de tortures. Comme il y a eu cette fois résistance armée et mort de deux policiers, le risque de vengeance est fondé», conclut-il. (apic/plp/ba)

19 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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