Pas autorisés à baptiser des enfants blancs

Zimbabwe: Des prêtres anglicans noirs se plaignent du racisme exercé à leur encontre

Harare, 22 novembre 1999 (APIC) Le racisme reste bien présent en Afrique australe, y compris dans les Eglises. Plusieurs prêtres noirs de l’Eglise anglicane du Zimbabwe se plaignent ainsi de ne pas être autorisés à célébrer des baptêmes, des funérailles et des mariages de paroissiens blancs. Au moins quatre prêtres ont démissionné de leur paroisse de Harare en raison, disent-ils, du racisme exercé à leur encontre.

Le doyen du diocèse de Harare, Simukai Mutamangira, admet que l’Eglise se trouve confrontée à un sérieux problème de racisme. «Nous avons des prêtres noirs très capables dans le pays, mais leur nomination à des postes importants est rare», a-t-il déclaré. Lui-même a été victime de ségrégation au sein de son Eglise. Il avait proposé l’utilisation d’instruments de musique traditionnels africains dans les services religieux. «Ma suggestion a été mal interprétée. On m’a accusé d’essayer d’influencer l’assistance pour en finir avec les instruments occidentaux. Je voulais tout simplement dire que l’Eglise devrait aussi introduire les traditions liturgiques africaines».

Certaines paroisses sont devenues le «domaine privé» des paroissiens blancs, une situation qui irrite profondément les prêtres noirs.

Le Père Godfrey Tawonezvi, a raconté à un hebdomadaire local qu’il a exercé son ministère dans une paroisse durant trois ans. «Mais je n’ai jamais baptisé un enfant blanc, ni célébré le mariage d’un couple blanc, ni présidé les funérailles d’un blanc».

«Ce n’est pas la pratique habituelle»

Lorsque le pasteur blanc n’était pas disponible, a-t-il poursuivi, la famille de l’enfant allait jusqu’à demander à des prêtres blancs d’autres paroisses, parfois éloignées de plus de 150 kilomètres, de célébrer les baptêmes. Pour justifier son attitude, la famille disait que les prêtres venus de l’extérieur étaient des amis ou des parents. Personne cependant n’était dupe.

A l’occasion d’un baptême, a-t-il poursuivi, un parent noir avait demandé un cantique en Shona, la langue parlée par la majorité des Zimbabwéens. Ceci fut refusé par le pasteur blanc, en affirmant que ce n’était pas «la pratique habituelle».

Un autre prêtre noir a déclaré avoir assisté à un mariage religieux dans une banlieue riche de Harare et avoir été obligé de se déplacer à l’arrière de l’église parce que les époux ne voulaient pas avoir un visage noir sur la vidéo de leur mariage…

Même les chiens au service de l’ancienne Rhodésie blanche…

Les prêtres noirs s’irritent aussi de voir que les murs de la cathédrale de Harare portent des inscriptions à la mémoire des colons blancs qui ont contribué à la formation de la Rhodésie blanche. Même les chiens des colonisateurs y sont mentionnés, soulignent-ils. On peut en effet lire sur un mur: «A la gloire de Dieu et à la mémoire de toutes les bêtes de trait et des chiens de police qui sont morts en service à partir de1890. Tous ont aidé à la fondation de la Rhodésie».

Biélorussie: Première ordination d’un évêque catholique

Mgr Blin dirigera le diocèse de Vitebsk

Minsk,

(APIC) Le premier évêque catholique du nouveau diocèse biélorusse de Vitebsk a été ordonné en fin de semaine. Mgr Wladyslaw Blin, âgé de 45 ans, a reçu l’ordination épiscopale dans la cathédrale Ste-Barbara des mains du cardinal Kazimierz Swiatek, archevêque de Minsk-Mohilev.

Le diocèse de rite latin de Vitebsk a été érigé en octobre. Il s’agit du quatrième diocèse catholique de Biélorussie a côté de Minsk, Grodno et Pinsk. Mgr Blin d’origine polonaise, a été ordonné prêtre en 1980 après des études à Lublin et à Varsovie. Il travaillait depuis 10 ans à Mohilev Podolskij. C’est grâce à lui que les catholiques ont pu récupérer l’église de l’Assomption de cette ville. Depuis 1993, s’y déroule chaque année un festival de musique sacré qui a acquis une grande réputation.

Pour Mgr Blin, l’évangélisation reste la principale priorité dans une région ou l’athéisme a mené une lutte massive contre la religion. Aujourd’hui 8% des dix millions de Biélorusses sont catholiques. Le diocèse de Mgr Blin couvre une région où vivent 1,5 million de personnes, dont 370’000 dans la ville de Vitebsk. Le nouvel évêque peut compter sur la collaboration de 32 prêtres. (apic/kap/mp)

23 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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