Nouveau coup pour le dialogue œcuménique en Europe

Bulgarie: L’Eglise orthodoxe annonce son intention de se retirer de la KEK

Genève, le 1er octobre 1999 (APIC) L’Eglise orthodoxe de Bulgarie a annoncé son intention de se retirer de la Conférence des Eglises européennes (KEK), qui rassemble aujourd’hui plus de 120 Eglises protestantes, anglicanes et orthodoxes en Europe. L’Eglise bulgare n’a donné aucune raison pour expliquer sa décision, mais l’an dernier elle s’était déjà retirée du Conseil oecuménique des Eglises (COE).

Le retrait sera effectif le 28 décembre, soit six mois après réception de la notification officielle. L’Eglise orthodoxe bulgare qui affirme rassembler 87% des neuf millions d’habitants du pays n’a pas justifié sa décision. Mais depuis quelques années, de larges milieux orthodoxes se sont montrés critiques voire hostiles à l’égard des organisations oecuméniques, auxquelles ils reprochent d’être dominées par les Eglises protestantes et d’être influencées par des vues théologiques libérales. En 1997, l’Eglise orthodoxe de Géorgie s’était retirée du COE et de la KEK.

Dans le cas de la Bulgarie, la situation est également compliquée par une lutte de pouvoir au sein de l’Eglise orthodoxe, malgré un accord conclu récemment pour mettre fin au schisme qui la divisait.

Les responsables de la KEK à Genève espèrent que la période de six mois avant que le retrait ne devienne effectif permettra d’autres discussions et peut-être un revirement de l’Eglise. L’an dernier, l’Union baptiste de la République tchèque avait annoncé son intention de se retirer du COE avant de revenir finalement sur sa décision après de nouveaux entretiens avec des représentants du COE.

Le pasteur Keith Clements, secrétaire général de la KEK a souligné que la nouvelle du retrait de l’Eglise de Bulgarie avait été reçue «avec une grande tristesse, surtout parce que de nombreux contacts continuent avec des membres de l’Eglise».

La participation des Eglises orthodoxes d’Europe orientale à la KEK remonte aux premiers jours de la fondation de l’organisation, en 1959, contrairement au COE, auquel la plupart des Eglises orthodoxes ont adhéré seulement après 1961, soit treize ans après sa fondation, a relevé K. Clements.

Par ailleurs le Comité central de la KEK a accepté l’adhésion de l’Eglise méthodiste unie de Bulgarie fondée il y a 150 ans. Sous le régime communiste, elle a été victime de persécutions et nombre de ses pasteurs ont été emprisonnés. Ce ne fut qu’en septembre 1993 qu’une réunion de la Conférence annuelle de l’Eglise a pu être tenue, après 46 ans d’attente. L’Eglise compte aujourd’hui huit pasteurs, sept laïcs ordonnés et 17 collaborateurs pour 32 paroisses et représente environ 2’000 membres et amis. (apic/eni/mp)

1 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!