La prison: lieu de réinsertion ou de déshumanisation ?

Mexique: Congrès mondial de la pastorale pénitentiaire à Mexico

Mexico, 6 octobre 1999 (APIC) Les prisons ne sont que très rarement un moyen de prévention; elles sont déshumanisantes et souvent ne protègent pas la société de façon satisfaisante, souligne la déclaration finale du 10e congrès mondial de la pastorale pénitentiaire catholique, qui vient de réunir à Mexico des délégués de 55 pays.

Les participants ont reconnu la nécessité de réagir aux phénomènes de la violence et de la délinquance par d’autres méthodes que la prison. Celles-ci, ont-ils constaté par ailleurs, font parfois partie d’un grand complexe industriel dont les intérêts s’opposent aux besoins réels de la société. «Notre expérience pastorale nous permet de dire qu’il y a trop de personnes incarcérées et que ce nombre est parfois utilisé par une politique de construction de nouvelles prisons avec des coûts très élevés, alors que l’on pourrait chercher d’autres voies alternatives de justice, plus efficaces et certainement plus économiques», déclarent les congressistes. Qui considèrent que la méthode la plus appropriée, dans la ligne du message d’espérance de l’Evangile, dans la mesure où elle peut être appliquée, «est celle de la justice réparatrice, avec toutes les formes de réconciliation reconnues par une communauté».

Les délégués de la pastorale pénitentiaire ont reconnu que «dans de nombreuses régions du monde les normes internationales de traitement des personnes incarcérées ne sont pas respectées». Les détenus sont souvent mal nourris, privé d’une assistance médicale digne de ce nom et exposés à la violence des autres détenus. Des cas concrets de torture et de violence sont par ailleurs souvent constatés.

Le document de conclusion du congrès condamne la peine de mort et lance un appel aux gouvernements des Etats-Unis, des Philippines, de la Chine et d’autres pays qui pratiquent la peine capitale, leur demandant de revoir leur législation.

Les délégués de la pastorale pénitentiaire ont également parlé au problème des jeunes exposés à la délinquance par manque d’un travail qui leur donnerait un idéal dans la vie. Des jeunes par ailleurs exposés aux pires difficultés parce qu’ils vivent dans des milieux où la violence est «une loi sauvage de survie». (apic/cip/zn/pr)

6 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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