Pas d’objection de la France à un voyage du pape en Irak

Vatican: Le ministre français des Affaires étrangères a rencontré Jean Paul II

Rome, 10 octobre 1999 (APIC) La France ne voit pas d’inconvénient à ce que le pape Jean Paul II se rende en visite pastorale en Irak, a souligné le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, reçu samedi en audience au Vatican. Védrine estime que le Souverain pontife ne s’est jamais laissé manipuler lors de visites pastorales dans des situations politiques complexes et délicates.

«Nous n’avons aucune raison d’être contre, le pape est libre d’aller où il veut (…) Je pense que les voyages du pape ont une légitimité en soi, et nous sommes convaincus que s’il va en Irak, il saura très bien ne pas se faire utiliser», a précisé Hubert Védrine, pour qui une telle visite ne serait pas une «caution» de Saddam Hussein. «Le pape a déjà voyagé dans des situations très complexes et il ne s’est pas laissé utiliser», a-t-il insisté. «Ce n’est pas à nous de le décourager d’y aller. Il n’est pas sous la tutelle de qui que ce soit».

La situation du Moyen-Orient a été au centre des conversations lors de la visite au Vatican du ministre français des Affaires étrangères samedi matin. Reçu pendant une demi-heure en audience privée par Jean Paul II, puis par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, et par Mgr Jean-Louis Tauran et Mgr Celestino Migliore, secrétaire et sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Hubert Védrine a pu leur faire part de ses impressions récentes à son retour du Moyen-Orient, où il a rencontré Ehud Barak à Jérusalem et Yasser Arafat à Ramallah.

Question de Jérusalem: la position du Saint-Siège et de la France sont proches

Reçu ensuite à l’ambassade de France près le Saint-Siège, Hubert Védrine est revenu sur les nombreux problèmes et même les «difficultés considérables» qui subsistent entre Israël et les Palestiniens en dépit des accords de Charm el-Cheikh signés le 4 septembre dernier. Evoquant en particulier la question de Jérusalem, le ministre français des Affaires étrangères a souligné la proximité des positions de la France et du Saint-Siège sur ce point.

Il faut distinguer, a-t-il expliqué, entre la question de la «souveraineté» de Jérusalem, «qui doit faire l’objet de négociations et ne peut pas être tranchée par une décision unilatérale», et la question religieuse, «à laquelle la communauté internationale ne peut pas être indifférente». La question religieuse, a-t-il précisé, ne se limite pas seulement à la liberté de culte, mais concerne aussi les garanties plus générales que l’on doit donner aux personnes quelle que soit leur appartenance religieuse.

Malgré certaines difficultés, le voyage en Irak est encore à l’ordre du jour

Concernant l’Irak, Hubert Védrine a expliqué que les diplomates du Saint-Siège lui ont fait part de «certaines difficultés» dans la préparation du voyage que Jean Paul II voudrait y faire au début du mois de décembre 1999. D’après le ministre français des Affaires étrangères, le Saint-Siège prépare toujours ce voyage et espère le faire comme prévu. Mais «c’est compliqué», a commenté Hubert Védrine, et «ils ne m’ont pas parlé de dates». En 1997, Hubert Védrine avait déjà rencontré le cardinal Sodano et Mgr Tauran. «Je trouvais naturel, intéressant et utile de poursuivre cet échange», a-t-il expliqué en sortant du Vatican. (apic/imed/be)

10 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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