Synode pour l’Europe : Première synthèse des discussions du Synode

«Le Christ vivant dans son Eglise», témoigne le cardinal Vlk

Rome, 14 octobre 1999 (APIC) Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, au moment où les membres du Synode pour l’Europe font une première synthèse de leurs discussions, a donné un émouvant témoignage de sa foi: «Il est important d’insister sur le fait que Dieu est proche de nous et que le Christ est vivant dans son Eglise. Pendant mon expérience du communisme, quand j’étais laveur de vitres et prêtre clandestin, c’est cette conviction qui m’a toujours soutenu».

«A l’époque, nous avions tout perdu sauf cette foi intime merveilleuse. Souligner ce qui fait l’essentiel de l’Eglise encore aujourd’hui, dans la situation actuelle de l’Eglise en Europe, est le signe d’une grande espérance», a ajouté mercredi soir l’archevêque de Prague. «La nouveauté de ce Synode est que l’on souligne que c’est le Christ qui peut changer les choses en Europe et non pas nos déclarations, nos méthodes, notre activité humaine».

A mi-chemin du Synode pour l’Europe, qui se tient du 1er au 23 octobre 1999 au Vatican, les participants poursuivent leurs réflexions au sein de neuf carrefours linguistiques. Dans l’après-midi de jeudi, ils ont proposé à l’Assemblée synodale et en présence de Jean Paul II un premier aperçu de leurs discussions.

«C’est la question de la foi qui est centrale», a également déclaré le président des évêques de France, Mgr Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon. En soulignant que l’intervention sur ce point du cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a beaucoup marqué l’assistance au début du Synode. «Nous pouvons faire quelque chose pour l’évolution de la culture européenne», a encore souligné le président de la Conférence épiscopale française: «A condition que les chrétiens vivent leur foi et tiennent leur place dans la société».

Les autres thèmes abordés lors des carrefours sont variés et concernent tant la baisse de la pratique religieuse que la question de l’oecuménisme, de la présence de l’islam en Europe, ou encore celle de la place de la femme dans la société et dans l’Eglise. «Nous avons reçu une série de questions pour diriger notre discussion «, explique Mgr Billé,  » mais nous ne sommes pas obligés de toutes les aborder, et par ailleurs, nous sommes libres de développer d’autres sujets. Si la méthode est rigoureuse et contraignante, affirme de son côté Mgr Emile Marcus, archevêque de Toulouse, «il y a une liberté totale de parole et il se passe quelque chose».

Certains groupes d’évêques ont ainsi choisi de mettre l’accent sur des points particuliers. Par exemple les relations avec le judaïsme, les vocations sacerdotales, le rôle des laïcs dans l’Eglise, les sacrements, le divorce, les relations avec les médias ou avec les institutions de l’Union européenne.

«Les deux poumons de l’Europe»

Y-a-t-il un décalage entre les évêques de l’Est et ceux de l’Ouest au cours des discussions dans les petits groupes ? «On dialogue, on se rend compte souvent qu’on ne parle pas de la même chose, mais on se découvre néanmoins des points communs», a fait remarquer Mgr Lucien Daloz, archevêque de Besançon. «Les deux poumons de l’Europe ne sont pas très connectés», souligne quant à lui Mgr Marcus, en insistant sur la nécessité de renforcer les liens entre l’Eglise de l’Est et celle de l’Ouest.

Les neuf groupes linguistiques se sont à nouveau réunis jeudi pour préparer les propositions qu’ils remettront à Jean Paul II à l’issue du Synode, après les avoir amendées puis votées le 22 octobre. D’ores et déjà, plusieurs propositions concrètes ont commencé à apparaître dans certains groupes. L’un d’eux a suggéré par exemple que le Synode rédige un message de soutien à propos de la signature de la Déclaration commune luthérano-catholique sur la justification, qui aura lieu à Augsbourg en Allemagne, le 31 octobre 1999. (apic/imed/ba)

14 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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