Jamais rien de tel sous l’empire ottoman et le Mandat britannique

Nazareth: Discrimination anti-chrétienne sans précédent, dénonce le patriarche latin

Nazareth, 19 octobre 1999 (APIC) La décision du gouvernement israélien de permettre la construction d’une mosquée près de la Basilique de l’Annonciation à Nazareth représente pour les chrétiens une «discrimination sans précédent». Jamais rien de tel n’était arrivé durant toutes les années de l’empire ottoman et du Mandat britannique, écrit lundi Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem.

Dans une lettre remise au nom des Eglises chrétiennes de Jérusalem au président israélien Ezer Weizman, avec copie au Premier Ministre Ehud Barak, le patriarche latin lui demande d’essayer de persuader le gouvernement israélien de revoir sa décision. Mgr Sabbah est visiblement excédé par la gestion calamiteuse de ce dossier par les responsables israéliens qui, en donnant ainsi des gages aux islamistes de Galilée et en divisant la communauté arabe d’Israël, jouent – peut être inconsciemment – avec le feu.

Le patriarche latin de Jérusalem considère que la Commission interministérielle qui a rendu la décision contestée – permettre la construction de la mosquée sur une partie du terrain de l’Etat occupé illégalement depuis deux ans par des fondamentalistes islamiques – n’a pas du tout pris en considération les vues des chefs religieux chrétiens.

La décision israélienne: une légitimation des menaces et insultes contre les chrétiens

«Nous déplorons cette décision», poursuit la lettre, car il s’agit de la «légitimation et de l’approbation de toutes les menaces, insultes et attaques contre les chrétiens lancées jusqu’à présent par le groupe islamique qui mène la campagne pour construire la mosquée… C’est une décision qui récompense un agresseur et punit la victime. C’est une véritable discrimination de l’Etat d’Israël contre ses citoyens chrétiens.»

Vu sous un autre angle, poursuit Mgr Sabbah, «il s’agit d’une affaire politique et nous déplorons l’abus de la religion à des fins politiques». Le chef de l’Eglise catholique locale, tout en défendant totalement le principe de la liberté de culte pour toutes les communautés religieuses, craint que cette décision particulière, une fois mise en œuvre, ne porte une sérieuse atteinte aux relations islamo-chrétiennes établies dans la «Ville de l’Annonciation ainsi que dans le reste du pays et ne se révèle une grave faute historique commise par le gouvernement israélien». Une telle décision «n’a aucun précédent même pas durant les siècles de domination de l’empire ottoman ou la période du Mandat britannique.»

Une contre-proposition: construire un Forum de dialogue inter-religieux

Un responsable chrétien a déclaré au quotidien israélien «Ha’aretz» que les Eglises sont particulièrement furieuses du fait que la Commission interministérielle n’a même pas discuté leur contre-proposition de construire, au lieu de la mosquée de la discorde, un Forum de dialogue inter-religieux sur la place située en face de la Basilique de l’Annonciation. Cette proposition avait selon lui l’avantage de jouir de l’appui de nombreux chefs musulmans. (apic/haar/be)

19 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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