Les responsables des atrocités devront rendre des comptes
Burundi: Appel d’AI en faveur de la protection des civils
Londres, 22 octobre 1999 (APIC) Amnesty International (AI) lance un appel en faveur de la protection des civils au Burundi. L’organisation appelle les responsables militaires des forces de sécurité gouvernementales et de tous les groupes d’opposition armés burundais à se rencontrer dans un environnement neutre, afin d’étudier les moyens de protéger la vie des civils qui ne participent pas directement aux hostilités.
L’Organisation lance cet appel en raison «du mépris persistant et délibéré des droits humains, en particulier du droit à la vie, manifesté par toutes les parties au conflit armé qui se déroule au Burundi». Au cours du seul mois dernier, plus de 300’000 personnes ont été déplacées contre leur gré par les forces armées gouvernementales et de très nombreux civils non armés ont été tués par ces forces ainsi que par des groupes d’opposition armés et des milices.
Selon AI des représentants d’organisations humanitaires ont été victimes d’homicides illégaux. Les cas de «disparition» et de torture se sont multipliés. Au vu de cette escalade de la violence, Amnesty International est consciente que la crise actuelle risque de s’aggraver encore et de se traduire par une dégradation catastrophique de la situation en matière de droits humains.
L’organisation adresse cet appel non seulement aux parties directement impliquées dans le conflit mais aussi à la communauté internationale et elle les engage à contribuer à renforcer la protection des civils et à faire savoir clairement aux dirigeants militaires de tous bords qu’ils peuvent être et seront amenés à rendre compte des atteintes aux droits fondamentaux commises par eux-mêmes ou par leurs combattants. AI souhaite en outre attirer l’attention de la communauté internationale sur la dégradation de la situation au Burundi et l’appeler à agir dès maintenant.
AI estime souhaitable que ces pourparlers se déroulent en dehors du cadre des négociations multipartites engagées à Arusha, en Tanzanie, qui visent à trouver une solution politique au conflit. De plus, estime l’organisation, ce processus de négociation est d’une lenteur extrême; or «il est essentiel que la protection des civils non armés fasse l’objet d’un accord et soit garantie de toute urgence». (apic/com/pr)




