Le plus important ce ne sont pas les propositions

Synode pour l’Europe: L’analyse du cardinal Danneels

Rome, 22 octobre 1999 (APIC) Pour le Cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, le plus important du deuxième synode des évêques pour l’Europe qui s’achève à Rome, «ce ne sont pas les propositions, mais tout le matériel de la première semaine (les interventions des pères synodaux en congrégation ndr) et les rapports des circoli minores (groupe de travail)». Il faut en outre attendre l’exhortation apostolique qui, selon le prélat, est «un exemple de probité, d’honnêteté intellectuelle et pastorale».

Ce deuxième synode pour l’Europe du 1er au 23 octobre au Vatican s’est déroulé dans un «climat très calme, très serein, sans beaucoup de soubresauts, assez bon en général». Le cardinal Danneels qualifie en particulier d’extrêmement intéressants les rapports des petits groupes de discussion. Quant aux interventions des pères synodaux, il y avait tous les genres littéraires, certaines étant franchement des homélies. Le travail sur les propositions a au contraire été assez frustrant. «De 300 propositions différentes, il nous a fallu arriver à une liste unique, sans compter les 400 amendements «.

Le cardinal Danneels explique en outre que le premier synode pour l’Europe de 1991 avait été une confrontation entre les églises des pays de l’Est et de l’Ouest après la chute du mur de Berlin. C’était «une exploration mutuelle, prendre connaissance l’un de l’autre, les différences de sensibilité». Il parle même d’ignorance assez grande et d’un certaine suspicion car il semblait qu’à l’Est les gens avait «trop la foi» tandis qu’à l’Ouest on ressentait «une admiration pour les martyrs et un grand respect». «Mais on ne s’était pas tout dit». Puis, il y a eu ces huit dernières années un rapprochement entre l’Est et l’Ouest, avec notamment l’échange de prêtres et de professeurs. Pour le cardinal il reste cependant une assez grande différence entre les Eglises de l’Est et de l’Ouest. «C’est tout de même un autre monde «.

Le cardinal Danneels a retenu de ce synode cinq grands points abordés par les pères synodaux : l’évangélisation de la culture précisant que l’inculturation ne doit pas seulement se faire en Afrique ou ailleurs mais ici, en Europe, l’eschatologie (la question des fins dernières) , l’oecuménisme, l’Islam en Europe et enfin la vie sacramentelle.

Le célibat des prêtres et l’ordination d’hommes mariés n’ont cependant été que légèrement abordés dans les groupes de discussion car ils ne sont pas spécifiques à l’Europe, même s’ils ont une certaine acuité. Ils pourraient cependant être à l’ordre du jour l’an prochain lors du synode universel.

Interrogé sur le problème de l’Islam abordé pour la première fois aussi directement dans un synode et qui fera l’objet de la 10ème proposition, le cardinal Danneels a précisé: «Il ne faut pas dramatiser mais ne pas être aveugle non plus» (apic/imed/mp)

22 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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