Timor-Est: La plupart des 40 collaborateurs de Caritas tués
«Ici c’est l’enfer»
Fribourg-en-Brisgau, 9 septembre 1999 (APIC) La plupart des quelque 40 collaborateurs timorais de l’organisation humanitaire catholique Caritas au Timor oriental ont été tués, a annoncé, jeudi à Fribourg-en-Brisgau, la centrale allemande de Caritas Internationalis.
Selon des informations provenant de témoins sur place, le directeur de Caritas au Timor oriental, le Père Francisco Baretto, ainsi qu’une «grande partie des membres de l’équipe de Caritas ont été assassinés. D’autres collaborateurs ont pris la fuite vers le Timor occidental ou se cachent dans les montagnes», a déclaré un porte-parole de l’organisation. On ignore tout pour l’instant des circonstances de ces meurtres.
Le seul collaborateur non timorais de Caritas à Timor-Est, un Norvégien, a quitté la région il y a quelques jours et a rejoint le Timor occidental.
«Nous sommes en train de mourir, mais personne n’écoute»
«Un nouveau chapitre du martyrologe contemporain». C’est ainsi que «L’Osservatore Romano» décrit la situation de Timor-Est dans son édition du 10 septembre 1999. Citant une religieuse canossienne de Timor-Est, soeur Esmeralda de Araujo, le quotidien du Vatican ouvre sa première page par le titre «Le monde parle et nous sommes en train de mourir, mais personne ne semble vouloir écouter».
«Ici c’est un enfer. Je voudrais hurler à tous de nous sauver», continue la religieuse dans l’article qui suit. Pour le journal du Vatican, ce cri de douleur offre l’exacte mesure de la tragédie en train de se dérouler l’ex-colonie portugaise, sous les yeux de la communauté internationale.
Seule l’Eglise reste «auprès de ce peuple persécuté, frappé dans sa dignité et dans sa chair», écrit L’Osservatore. Une Eglise «qui paie son engagement par le sang, dans un nouveau chapitre du martyrologe contemporain». La communauté catholique est la cible privilégiées des bandes armées qui voient en elle un rempart de paix et de civilisation qu’ils ont de toute évidence décidé de détruire, conclut le journal. (apic/kna/afp/imed/mp)




