Colombie: Mgr Quintero et des fidèles toujours détenus

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On est sans doute loin d’un proche dénouement

Bogota, 13 septembre 1999 (APIC) Tout en faisant miroiter la possibilité d’une prochaine libération de Mgr José Quintero, évêque de Tibu, enlevé le 15 août dernier, l’Armée populaire de Libération (EPL), auteur supposé de l’enlèvement, a adressé au pape un message ambigu demandant pardon pour l’enlèvement de l’évêque et réclamant, en échange de sa libération, la création, par les évêques, d’une commission internationale humanitaire chargée d’enquêter sur les actions des paramilitaires dans la région.

Selon le rapport d’une commission chargée d’enquêter dans la région du Tibu, où plus de 150 personnes ont été tuées ces trois derniers mois par les paramilitaires, ces derniers auraient largement bénéficié du soutien logistique de la police locale.

Les exigences présentées par les rebelles ne laissent pas augurer d’un proche dénouement, estime Mgr Alberto Giraldo, archevêque de Medellin et président de la Conférence des évêques de Colombie, qui a averti que «les choses se sont compliquées». Préférant rester discret sur le détail de ces difficultés, Mgr Giraldo a signalé que la seule information reçue par les guérilleros à propos de Mgr Quintero était qu’il se trouvait «en bonne santé» malgré ses 25 jours de «détention».

De son côté, Mgr Isaias Duarte, archevêque de Cali, a confirmé qu’il avait rencontré les guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) qui avaient enlevé plus de cent fidèles de son diocèse au cours d’une messe et leur avait demandé de ne pas réclamer de rançons aux familles et de poursuivre les pourparlers de paix avec le gouvernement.

C’est du reste dans cette perspective de paix que les évêques de Colombie ont demandé au gouvernement de réduire les condamnations de personnes détenues pour certains délits, à l’occasion du jubilé de l’an 2000. Une demande que le gouvernement doit examiner dans les prochains jours.

Enlevé deux fois

C’est la seconde fois que Mgr José de Jesus Quintero Diaz est enlevé par la guérilla colombienne. Il y a deux ans, il avait été enlevé dans une zone située à quelque 500 kilomètres au nord-est de Bogota, non loin de la frontière avec le Venezuela. Le rapt avait alors duré 16 jours. C’était au moment où se tenait à Rome l’Assemblée spéciale du Synode pour l’Amérique.

L’épiscopat colombien a immédiatement condamné la violence, «de quelque groupe qu’elle provienne» et réclamé la libération immédiate du prélat. Les évêques s’affirment prêts à accueillir «toute personne ou groupe désireux d’entrer en dialogue et de chercher une issue pacifique et légale à la situation actuelle». Ils ont également invité tous les fidèles colombiens à prier «pour la santé, la vie et le rapide retour à sa chère communauté» de Mgr Quintero. Mais l’enlèvement suscite les plus vives inquiétudes: depuis le 15 août, on est sans aucune nouvelle de l’évêque. Les évêques demandent aussi la libération immédiate des 45 paroissiens de Cali toujours retenus par l’ELN.

Le diocèse de Mgr Quintero est situé dans une zone riche en pétrole. Le conflit entre les différentes factions de guérilla y ont fait de nombreuses victimes : pour la seule période allant de février à juillet de cette année, on a dénombré 94 morts, 20 disparus et 5’000 déplacés. (apic/cip/pr)

13 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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