Mgr Belo n’a plus aucune confiance dans les forces armées indonésiennes

Dans une interview accordée à l’agence vaticane FIDES, Mgr Belo a déclaré n’avoir plus aucune confiance dans les forces armées indonésiennes, «qui sont là pour poursuivre l’oppression du peuple timorais». L’évêque de Dili ne voit pas d’un bon œil la coopération de ces forces, co-responsables des massacres, avec une mission internationale de paix de l’ONU. «Il est mieux que l’armée indonésienne reste en-dehors, car elle est complètement discréditée… Elle a démontré qu’elle n’est pas capable, ou plus encore, de ne pas vouloir rétablir l’ordre et la paix!»

La férocité de la répression, pour le Prix Nobel de la Paix, vient du fait que l’armée et le gouvernement indonésiens voulaient un peuple timorais obéissant comme un troupeau de moutons, «sans volonté et sans pensée propres.» La victoire des partisans de l’indépendance lors du référendum «a été pour l’Indonésie comme une gifle, c’est la raison de cette réaction de vengeance». Certes, l’Eglise s’est exposée en faisant montre de sympathie pour l’indépendance, mais surtout en luttant pour la défense des droits de l’homme. «L’autodétermination aussi est une valeur, est-ce une raison pour massacrer les religieux et détruire les structures de l’Eglise», se demande le Prix Nobel de la Paix.

L’administrateur apostolique de Dili refuse de parler de conflit interreligieux: «Il n’y a aucune preuve pour affirmer cela, mais il y a par contre des violations évidentes des droits de l’homme; dans un pays qui se réclame de l’idéologie étatique du ’Pancasila’ (qui défend officiellement l’harmonie entre les religions présentes au sein de la nation indonésienne), qui professe la foi en Dieu, on est témoin dans la pratique de méthodes et d’actes féroces et répressifs! Comment est-ce possible?» (apic/fides/be)

14 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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