Treize ans après Assise
Rome : Rencontre interreligieuse du 24 au 29 octobre au Vatican
Rome, 15 septembre 1999 (APIC) Treize ans après la rencontre interreligieuse de prière pour la paix, tenue à Assise en 1986 à la demande de Jean Paul II, une nouvelle assemblée interreligieuse aura lieu à Rome du 24 au 29 octobre, sur le thème : «Au seuil du troisième millénaire, la collaboration entre les différentes religions».
«Il n’y a pas eu de rencontre de cette importance depuis celle d’Assise», souligne Mgr Michael Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux chargé par le Comité central du Grand Jubilé d’organiser cette assemblée. Chaque année des rencontres similaires ont eu lieu à l’initiative de l’association «Hommes et Religions», fondée à Rome par la Communauté Sant’Egidio pour continuer et diffuser l’esprit d’Assise, précise l’évêque. Mais ces rassemblements n’étaient pas de l’initiative du Saint-Siège.
La rencontre aura lieu cette fois au Vatican même et rassemblera quelque 200 personnes du monde entier, appartenant à une vingtaine de traditions religieuses, chrétiennes, juives, musulmanes, bouddhistes, sikhs, jaïnistes etc. Parmi les invités, il n’y aura pas que des chefs religieux ou des représentants officiels, précise Mgr Fitzgerald. «Nous avons délibérément invité des professeurs, des jeunes et des femmes». Des chefs religieux viendront pour la clôture de la rencontre, le 28 octobre, d’autres s’y associeront par un message.
La rencontre commencera par deux jours d’échanges en vue de préparer une déclaration commune. «Si à Assise, en 1986, la rencontre était centrée sur la paix, celle de 1999 aura des thèmes plus larges», explique le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Ce sera une réflexion commune sur le comportement de l’humanité au troisième millénaire. Comme exemples de sujets qui seront abordés, Mgr Fitzgerald cite la liberté religieuse, les conflits religieux, et des thèmes sociaux et humains comme l’injustice, l’écologie ou la course aux armements. «Il s’agira des problèmes de notre temps, mais vus du point de vue religieux», résume-t-il. Le but étant de développer et de consolider le dialogue, en vue d’une meilleure collaboration entre les différentes religions.
Le troisième jour de la rencontre, le 27 octobre, l’ensemble des participants se rendront à Assise pour des moments de réflexion, de prière et de visite, en particulier celle du tombeau de saint François, treize ans jour pour jour après la Journée de prière pour la paix de 1986. «Cette journée a acquis une haute valeur symbolique pour beaucoup de représentants des autres religions bien au-delà de l’Europe», remarque Mgr Fitzgerald. Elle est devenue une image significative de l’engagement des membres des différentes religions à rechercher la vérité et la paix.
Le 28 octobre enfin, tous seront invités à jeûner et à prier selon leur propre tradition religieuse, dans différents lieux proches du Vatican. Ils rejoindront ensuite la Place Saint-Pierre pour une cérémonie de clôture en présence de Jean Paul II, au cours de laquelle sera lue la déclaration préparée deux jours avant. Elle sera suivie de différents témoignages et d’un discours du pape, ainsi que d’un acte symbolique d’engagement pour la paix et la solidarité.
L’évêque souligne encore que cette rencontre a lieu en 1999 à en vue de l’Année Sainte, mais un peu avant «parce que le Jubilé en tant que tel ne concerne pas directement les autres religions», même si l’an 2000 éveille aussi un grand intérêt de leur part. «C’est un moment opportun pour réfléchir ensemble sur le pèlerinage commun de la famille humaine», souligne-t-il, et pour chercher les voies d’un avenir de paix et de solidarité entre tous les hommes .
En l’an 2000, c’est une journée de prière qui sera proposée aux catholiques cette fois, le jour de la Pentecôte, à propos des relations avec les croyants des autres religions. Enfin, Mgr Fitzgerald signale que deux colloques avec des musulmans sont en préparation pour l’an 2000. Le premier aura lieu à Rome avec des Iraniens sur la question du pluralisme religieux, et le second se tiendra à l’Université islamique Al-Azhar du Caire, et concernera la place de la religion dans l’éducation. (apic/imed/mp)




