Comment accorder la décision du pape avec la loi allemande ?
Rome: Les évêques allemands reçus à Castelgandolfo pour discuter de l’avortement
Rome, 15 septembre 1999 (APIC) Trois cardinaux allemands ainsi que le président de la Conférence épiscopale ont passé la journée de mercredi à Castelgandolfo pour discuter avec le pape et la curie de la question des certificats délivrés par les Centres de consultation catholiques aux femmes enceintes désireuses de pratiquer l’avortement.
La loi allemande prévoit en effet que l’avortement n’est pas punissable durant les 12 premières semaines de grossesse pour autant que la femme se soit soumise à une consultation médico-sociale obligatoire dans un centre agréé par l’Etat. Or quelque 270 de ces centres sont aujourd’hui gérés par des institutions catholiques.
Dans une lettre aux évêques allemands datée du 22 juin dernier, le pape Jean Paul II demandait que les certificats délivrés par les centres catholiques mentionnent explicitement qu’ils ne peuvent pas être utilisés pour avoir accès à un avortement dépénalisé. Ceci afin d’éviter que l’Eglise ne cautionne même indirectement des avortements. La lettre ne demandait toutefois pas directement de quitter le système étatique, ni de fermer les centres catholiques. Les évêques allemands ont donc décidé finalement du maintien des centres de consultations catholiques. Mais le débat continue entre les militants pour la vie et les partisans d’une attitude plus libérale.
Arrivés le matin dans la résidence d’été du pape, les cardinaux Joachim Meisner, archevêque de Cologne, Georg Maximilian Sterzinsky, archevêque de Berlin, et Friedrich Wetter, archevêque de Munich et Freising, accompagné de Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale ont discuté de cette question avec des représentants de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dont leur compatriote le cardinal Josef Ratzinger, Préfet de la Congrégation, ainsi qu’avec le cardinal Sodano Secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Les évêques allemands ont également pu s’entretenir à ce sujet avec Jean Paul II, avant de déjeuner avec lui, et de reprendre leur travaux dans l’après-midi.
Cette réunion devait permettre aux interlocuteurs de voir comment accorder la décision du pape concernant ces certificats avec la législation allemande. C’est ce qu’a expliqué le porte-parole du Saint-Siège en milieu de journée, en précisant que de nouvelles informations sur cette rencontre seraient communiquées en soirée. (apic/imed/mp)




