Quatrième lettre du pape aux évêques allemands

C’est depuis 1995 que la question de la présence de conseillers familiaux catholiques dans le système de consultation prévu par la législation allemande pour les femmes envisageant l’avortement est l’objet de discussions parmi les évêques allemands. Dans une première lettre, datée de septembre 1995, le pape leur recommandait de «ne rien faire qui puisse d’une façon ou d’une autre servir à la justification de l’avortement». Jean Paul II soulignait la nécessité de prendre une décision pour parvenir à l’unanimité des évêques. Les uns souhaitaient surtout lever l’ambiguïté morale de la situation, les certificats délivrés par les Centres de consultation catholiques pouvant être utilisés comme des certificats préalables à l’avortement. Les autres considéraient en revanche qu’un retrait des catholiques de ces Centres de consultation laisserait les femmes en difficulté sans aucun appui de l’Eglise catholique.

Dans une deuxième lettre datée de janvier 1998, le pape répondait au dilemme des évêques en leur demandant, d’une part de renforcer la présence de l’Eglise dans les consultations pour les femmes enceintes en difficultés, et d’autre part que les conseillers ne délivrent plus de certificats pouvant être utilisés pour des avortements. Cette réponse soulevait encore des questions au sein de l’Eglise allemande, du fait que l’absence de tout certificat devait avoir pour conséquence d’inciter les femmes à s’adresser à des Centres laïcs pouvant les leur délivrer, plutôt qu’aux conseillers des Centres catholiques.

Dans une troisième lettre, datée cette fois-ci du mois de juin 1999, Jean Paul II demandait clairement que le certificat délivré à l’issue de l’entretien comporte la mention explicite: «Ce certificat ne peut pas être utilisé pour l’exécution dépénalisée d’avortements». Une indication qui devait susciter un nouveau débat au sein de l’Eglise d’Allemagne. Il devait en effet rapidement s’avérer que cette mention n’empêchait finalement pas l’accès à l’avortement dépénalisé. C’est à cette dernière difficulté que les prochaines instructions du Saint-Siège devraient répondre dans quelques jours. (apic/imed/be)

16 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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