Timor oriental : Les religieux lancent un appel au secours

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L’armée s’apprête à bombarder les réfugiés

Dili, 16 septembre 1999 (APIC) L’armée indonésienne s’apprête à bombarder les réfugiés qi se trouvent dans les montagnes au sud de Dili. Les militaires attendent le lancement des aides humanitaires par avion pour savoir où ils se trouvent exactement. Tel est l’appel dramatique lancé par les religieuses carmélites du Timor oriental, à travers l’agence missionnaire du Saint-Siège Fides.

«Cette attaque est le dernier acte terroriste avant l’arrivée des troupes de l’ONU», déclare María del Carmen Aparicio, supérieure générale des Soeurs de la Vierge Marie du Mont Carmel. Des sources de la résistance au Timor confirment que l’armée est en train de préparer des bombardements intensifs. Selon David Ximenes, le chef de la résistance, l’agression est imminente et couvrira une zone où sont réfugiés plus de 60’000 civils. «Ils attaqueront sur plusieurs fronts avec l’aide des paramilitaires. Nous ne savons pas où nous cacher. Nos enfants sont en train de mourir de faim», a-t-il déclaré.

Le Père Ignazio Ismartono, conseiller de la Conférence épiscopale indonésienne reconnaît qu’il a lui aussi entendu des rumeurs sur l’imminence d’une attaque militaire contre les réfugiés, mais il n’a pas de preuves. «Les miliciens n’ont plus rien à perdre. Ils sont comme des chiens enragés avec tout le monde autour d’eux. Le moment est venu où l’animal, relégué dans un coin, mord, sans aucun scrupule, celui qui est le plus près. Ils invoquent comme prétexte pour l’attaque le fait que le Conseil de Résistance du Timor se trouve dans les montagnes».

«Le risque est que le processus de déploiement des forces de l’ONU soit retardé délibérément pour que la campagne terroriste se poursuive. L’annonce du déploiement a par ailleurs affaibli l’attention internationale», dénonce de son côté la Conférence asiatique pour le progrès des peuples, organisation humanitaire de Hong Kong.

«Même si la force internationale arrivait aujourd’hui à Dili, a expliqué mercredi un jésuite de Timor qui a souhaité gardé l’anonymat, elle arriverait de toute façon avec une semaine de retard. Si on avait fait venir une force réduite la semaine dernière, on aurait sauvé une quantité incroyable de vies humaines». (apic/zn/mp)

16 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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