Allemagne: Une revue jésuite critique le centralisme romain

Les Eglises locales ne sont «pas de simples filiales de Rome»

Munich, 23 septembre 1999 (APIC) Les Eglises locales ne doivent pas être considérées comme «de simples filiales de Rome», mais, comme l’a rappelé le Concile Vatican II, des Eglises au plein sens du terme. Dans sa dernière édition, la revue jésuite allemande «Stimmen der Zeit» à Munich s’en prend au centralisme romain.

Son rédacteur en chef, le théologien Martin Maier, se demande notamment pourquoi Rome devrait avoir une plus grande compréhension et de meilleurs arguments que la grande majorité des évêques allemands dans la question du maintien ou non de l’Eglise d’Allemagne dans le système de consultation étatique pré-avortement.

Martin Maier ne peut se départir de l’impression que dans les récents documents ecclésiaux officiels l’on met la doctrine théologique de l’Eglise «au service d’une politique ecclésiale centralisatrice». Le théologien allemand souligne que le Concile a pourtant rehaussé l’autonomie des Eglises locales. Pour lui, le fait que l’Eglise jusqu’à aujourd’hui vive dans une tension entre pluralité culturelle et maintien de l’unité, n’est pas en soi un argument en faveur de l’uniformisation et du contrôle centralisateur. Ainsi, on peut se demander pourquoi il devrait y avoir quelque chose comme un «Missel romain pour les diocèses du Zaïre» et pour quelle raison les évêques de ce pays ne pourraient pas éditer des livres liturgiques sous leur propre responsabilité.

Le rôle des nonces en question

«Stimmen der Zeit» met également en question le rôle des nonces apostoliques, parce que dans des cas qui ne sont pas rares, affirme le Père jésuite, en agissant comme «le bras prolongé» de la curie romaine et de l’autorité pontificale, ils sapent l’autorité des Conférences épiscopales nationales. De plus, dans les Eglises pauvres, la distribution d’argent peut également être utilisée comme un moyen de pression. Le Père Maier qualifie d’expression «d’un centralisme romain dépassé» la nomination des évêques sans participation locale véritable.

Le rédacteur en chef de la revue jésuite munichoise réclame des mesures pour impliquer davantage les évêques dans l’exercice collégial du pouvoir dans l’Eglise. Il faudrait ainsi revaloriser les synodes, passant d’un simple organe consultatif du pape à une instance de codécision. Le Père Maier propose également une revalorisation théologique et canonique des conciles particuliers d’une Eglise continentale, comme par exemple l’assemblée générale des Conférences épiscopales latino-américaines. (apic/kna/be)

23 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!