Genève: Le représentant du Saint-Siège demande la protection urgente du peuple timorais

«L’humanité incapable d’apprendre les leçons de l’histoire»

Genève, 24 septembre 1999 (APIC) «L’affaire timoraise n’est pas seulement un conflit de plus dans le monde d’aujourd’hui, mais la volonté d’anéantir dans le sang la volonté très majoritaire d’un peuple». C’est ce qu’a affirmé jeudi à Genève Mgr Giuseppe Bertello, chef de la Délégation vaticane lors d’une session spéciale sur Timor Est de la Commission des Droits de l’Homme. Il a rappelé en outre l’urgence pour le Saint-Siège d’une aide humanitaire internationale auprès des Timorais et l’établissement d’une Commission internationale d’enquête «pour faire la vérité sur les événements «.

Déplorant le lourd tribut payé par l’Eglise catholique au Timor Oriental ces derniers mois, Mgr Bertello s’est fait la voix du Saint-Siège en constatant avec amertume «qu’encore une fois, après les drames du Rwanda et du Kosovo, l’humanité n’a pas été capable d’apprendre les leçons de l’histoire». Il a cité Jean Paul II qui n’hésitait pas à parler en septembre de nouvelle défaite du sens de l’humanité.

Pour le Vatican, la crise de Timor Est acquiert en effet une «signification toute particulière car elle va à l’encontre des droits d’un peuple qui s’était exprimé à 80% des votes par un scrutin organisé et surveillé par la plus haute instance internationale». Mgr Bertello s’est ainsi associé à la désapprobation et à la condamnation vigoureuse des violations des droits de l¹homme perpétrées à Timor Est manifestées par les membres présents de la Commission des Droits de l’homme. Mais il n’a pas manqué de mettre en doute la réputation même de la Commission si elle en restait au stade de «déclarations «.

Urgence d’une aide humanitaire

Se réjouissant de l’arrivée de la force internationale sur l’île, une décision soutenue dès le début par le Saint-Siège, Mgr Bertello a rappelé l’urgence d’une aide humanitaire internationale qui puisse «rejoindre rapidement les personnes déplacées et réfugiées, qui risquent de mourir de faim et de maladie, sans oublier leur protection et leur retour dans des conditions de sécurité et de liberté».

Le chef de la délégation vaticane a réclamé en outre l’établissement d’une Commission internationale d’enquête. «C’est une question prioritaire, a-t-il affirmé, pour faire la vérité sur les événements et évaluer les responsabilités de ceux qui se sont rendus coupables de telles violations «Le dialogue et la réconciliation, a-t-il conclu, ne peuvent pas être solidement fondés sans la recherche sereine et impartiale de la justice et de la vérité». (apic/imed/ba)

24 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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