La guerre tuent par tous les moyens
Congo-Brazzaville: De plus en plus d’enfants livrés àà la rue
Brazzaville, 17 août 1999 (APIC) La pauvreté et la guerre en Afrique ont laissé à eux-mêmes un grand nombre d’enfants. Au Congo-Brazzaville, les gosses de rue se multiplient ces derniers mois. Des associations voudraient leur venir davantage en aide. Mais dans la capitale, la guerre et ses pillards ont détruit bien des installations.
«J’ai faim. Donnez-moi 25 francs…» Il est 19h à Brazzaville et Tony, 5 ans, recommence sa quête comme tous les soirs au centre ville. «Avant la guerre, raconte-t-il, je vivais avec ma mère. Mais la journée, j’étais toujours dehors. Et lorsque la guerre du 5 juin a éclaté, je n’étais pas à la maison. J’ai fui avec mes amis. Je n’ai plus revu mes parents.»
La maman de Tony était de Kinshasa, explique-t-il, tandis que son père est un homme de la capitale. Mais où se trouvent-ils? La nuit, Tony dort à la belle étoile, sur un lieu de marché, comme ses copains, dont plusieurs portent des traces de vilaines blessures et parfois de plaies. ’il pleut, ils trouveront refuge sous des devantures de magasins.
Sans famille, ces enfants ont dû pour survivre se regrouper. Le groupe permet l’entraide, lorsqu’un des membres est malade. Mais la brouille peut aussi surgir rapidement, pour un problème d’argent. Les plus âgés se proposent pour de petits boulots: laver des voitures, transporter des paquets de toutes sortes dans les marchés, vendre des sacs d’emballage, etc.
Les plus raisonnables ou les moins hardis se contentent de quémander et de faire des petits métiers. Les plus audacieux se risquent dans des «coups» plus rentables et empruntent franchement la voie de la délinquance. Il leur arrive alors de devenir des consommateurs d’amphétamines ou de drogue. Ils pensent ainsi tromper la faim, oublier par le sommeil…: le temps où ils courent les plus grands risques.
«Je n’aime pas cette vie-là, mais personne ne nous apprécie», dit Tony, qu’on a déjà surnommé «l’enfant de la coupole», à cause de l’endroit où il commence sa quête du soir au centre de Brazzaville. «Une seule personne fait attention à nous, mais on ne la voit pas tous les soirs: c’est le Père Chopin, du Foyer Don Bosco. Quand il passe, il reste souvent pour bavarder. Si l’un de nous est malade, il nous apporte des médicaments».
Le travaille d’un religieux salésien
Religieux salésien de Don Bosco, le Père Chopin s’emploie depuis plusieurs années à mettre sur pied des projets qui favorisent la réinsertion sociale des enfants de la rue, moyennant toute une formation pratique. Pour amener ces enfants à une vie normale, il faut d’abord gagner leur confiance, explique-t-il. Mais la réinsertion sociale de ces gosses n’est pas facile, car ils finissent par aimer la rue».
Cette réinsertion est également la préoccupation d’autres associations à Brazzaville comme à Pointe-Noire. Mais après quelques jours de guerre dans la capitale, toutes les organisations ont retrouvé leurs installations endommagées et pillées. (apic/cip/dia/pr)




