Congo-Kinshasa : Protestation publique des leaders religieux

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«La misère sociale a atteint l’insupportable»

Kinshasa, 26 août 1999 (APIC)  » La misère sociale, chaque jour grandissante, a atteint le sommet de l’insupportable pour tout être humain digne «. Tel est le cri répété des chefs des confessions religieuses de la République Démocratique du Congo. Dans une déclaration de protestation et de solidarité, adressée à la communauté internationale et à la nation congolaise, les responsables dénoncent les suites des derniers développements de la guerre dans le pays, plus particulièrement à Kisangani.

Le cardinal Frédéric Etsou pour les catholiques, Mgr Marini Bodho pour les protestants, le Rév. Lucien Luntadila Ndala za Fwa pour les kimbanguistes, le Père David Katalay pour les orthodoxes et El Hadji Mudilo wa Malemba pour les musulmans, interpellent aussi les Congolais. Ils invitent le chef de l’Etat, Laurent-Désiré Kabila, à libéraliser l’espace politique national. «Tous les fils et filles de notre cher Congo sont également invités à la réconciliation nationale et au dialogue en vue d’ouvrir le grand chantier de la reconstruction nationale au seuil du troisième millénaire  » , a déclaré le cardinal Etsou.

Appel aux grandes puissances

Dans leur déclaration, les leaders religieux rappellent que la «guerre d’agression-rébellion» qui a éclaté le 2 août 1998 a déjà ouvert la voie à toutes les autres guerres : augmentation incessante des prix, dérive de la monnaie, détérioration du tissu économique, pénurie du carburant, difficultés des transports, destruction des infrastructures, situation sanitaire de plus en plus précaire. Bref, «la misère sociale, chaque jour grandissante, a atteint le sommet de l’insupportable pour tout être humain digne».

Après que deux armées étrangères, rwandaise et ougandaise, sont venues guerroyer jusqu’à Kisangani, chef-lieu de la province orientale, notamment pour piller les richesses, les responsables religieux s’insurgent contre cette violation des lois internationales, sans aucune réaction immédiate et concrète de la part de la Communauté Internationale, en l’occurrence l’ONU, l’Union européenne et l’Organisation de l’unité africaine.

Au nom de leur «responsabilité pastorale devant Dieu, devant le peuple «, les chefs religieux demandent  » à la Communauté Internationale, surtout aux grandes puissances, de peser de tout leur poids pour mettre un terme immédiatement à cette guerre» et d’appuyer «sans réserve ni atermoiement» les Accords de Lusaka.

Ouvrir le chantier de la reconstruction nationale

Après avoir dénoncé «les stratégies des fabricants d’armes qui provoquent et entretiennent les guerres» et mis en garde les chefs d’Etats africains contre tout acte d’autodestruction de leurs peuples, ils rappellent «l’idée de l’Unité africaine qui a animé les Pères de l’indépendance de l’Afrique, la promotion de la culture de la tolérance, de la réconciliation et de la paix», et exhortent les Eglises des pays agresseurs à interpeller leurs gouvernements sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

Dans leur adresse à la Nation congolaise, les signataires invitent le chef de l’Etat, Laurent-Désiré Kabila, à «libérer l’espace politique», et les citoyens à oeuvrer à la réconciliation nationale et au dialogue en vue d’ouvrir le grand chantier de la reconstruction. (apic/cip/dia/mp)

26 août 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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