Journée supplémentaire bénéfique

AD 2000: L’Assemblée de Genève II a encore siégé dimanche à Morges

Morges, 30 août 1999 (APIC) L’Assemblée de Genève II, prolongeant celle du mois de mai, a réuni dimanche 29 août près d’une centaine de laïcs et de religieux au centre «La Longeraie» à Morges. Cette journée supplémentaire de réflexion, consacrée à la formation des agents pastoraux, à la gestion des biens d’Eglise et au problème des divorcés-remariés, a impressionné Mgr Genoud par la qualité du travail des différentes commissions chargées d’étudier ces thèmes, et «le réel désir de faire quelque chose pour le monde, en Eglise».

Les deux évêques auxiliaires, Mgr Bürcher et Mgr Farine, ainsi que le vicaire épiscopal pour la partie francophone du canton de Fribourg, le chanoine Jacques Banderet, assistaient également à la rnecontre.

Trois commissions ont planché cet été afin de soumettre aux délégués des grilles de travail dans le cadre de la journée de dimanche. La première abordait la formation des chrétiens, spécialement des agents pastoraux. La seconde, la gestion des biens en Eglise dans une perspective de solidarité. La troisième commission donnait les premières indications sur l’axe de travail adopté concernant la situation en Eglise des personnes divorcées et remariées. Une quatrième commission, chargée d’étudier l’engagement de l’Eglise dans la société et la remise de la dette des pays les plus pauvres, s’est constituée sur la base d’un document regroupant pêle-mêle les questions posées lors de l’Assemblée de Genève.

Commission «Formation»

La grille de travail de cette commission vise essentiellement la collaboration entre prêtres et laïcs. Elle attire l’attention sur la différence des parcours de formation professionnelle suivis et sur la place «insuffisante que tiennent les sciences humaines dans la formation des séminaristes». Les difficultés qui surgissent dans la collaboration entre prêtres et laïcs proviendrait, selon le document, de la disparité des enseignements suivis et du manque de formation des futurs prêtres en sciences humaines.

Cette analyse a paru quelque peu simpliste à l’Assemblée. «Les difficultés de collaboration ne subsistent pas seulement entre prêtres et laïcs, a noté un délégué, mais de même entre laïcs, et aussi entre prêtres». De plus, «la mission de l’Assemblée sur ce point, a rappelé Mgr Bürcher, telle qu’elle a été fixée à Genève, n’est pas celle de définir des orientations de formation, mais d’aider les organismes de formation à être attentifs aux phénomènes de l’exclusion».

Pour l’assemblée, les stages sur le terrain, sensés former les agents pastoraux et les préparer à une future collaboration professionnelle, sont actuellement inadaptés. Aussi de multiplier les cours ne permettra pas aux agents pastoraux, de travailler sur eux-mêmes et d’opérer le changement nécessaire au rapprochement avec les exclus. Des stages plus longs, voir des stages à l’étranger, seraient plus à même de les mettre en contact avec la réalité humaine, économique et sociale.

L’assemblée a exprimé le souhait de maintenir un groupe de travail engagé dans la problématique de la formation en lien avec l’exclusion, et de voir se définir clairement des objectifs pastoraux dans le cadre d’un large projet pastoral, au niveau diocésain.

Commission «Finances»

Concernant le thème de la gestion des biens en Eglise dans une perspective de solidarité, la commission a soumis à l’analyse des délégués quatre recommandations, toutes adoptées par l’assemblée.

La première recommandation, concernant la mise en pratique de l’échange des procès-verbaux entre les conseils administratifs de paroisse et les conseils pastoraux paroissiaux, a suscité l’intervention du chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal. Regrettant l’absence de délégués fribourgeois dans cette commission, absence qui «se sent à chaque paragraphe du rapport», il a vivement souhaité leur présence dans ce groupe de travail.

L’Assemblée a tenu à ce que l’on ne se limite pas à de simples échanges de procès-verbaux, destinés à éluder la collaboration entre conseils, mais que cette collaboration soit effective.

La seconde recommandation encourage les paroisses à proposer des prêts à d’autres paroisses en pratiquant un intérêt restreint, prêts accordés sous la surveillance de l’instance financière cantonale de l’Eglise.

Sur proposition de Mgr Genoud, une autre recommandation a été ajoutée aux deux premières concernant la juste proportion à établir entre les investissements matériels (bâtiments, etc.), et l’engagement et la formation des personnes (pierres vivantes). Les quatrième et cinquième recommandations ont trait au respect des lois civiles lors de l’engagement de personnel (assurances sociales et contrat de travail), et à l’inscription par les paroisses dans leurs budgets d’une contribution de solidarité destinée à des oeuvres d’entraide, fixée au minimum à 1% de leurs revenus ou dépenses d’investissements.

Commission «divorcés-remariés»

La grille de travail proposée par cette commission n’a pas été discutée en plénum, mais seulement présentée aux délégués. L’accent a essentiellement été mis sur l’attitude d’accueil des responsables pastoraux vis-à-vis des couples en situation de rupture et au moment du divorce. La commission a également rappelé la demande faite aux évêques dans le cadre du Synode 72 d’étudier la possibilité, pour «les divorcés-remariés qui veulent en toute sincérité vivre chrétiennement, et en ont donné le témoignage (…), d’avoir accès aux sacrements de pénitence et de l’Eucharistie», demande qui est «restée lettre morte». Entre autres recommandations, et sans oublier qu’un évêque seul ne peut légiférer pour l’Eglise universelle, la commission propose de demander à l’évêque de préciser àà quelles conditions les communautés et leurs pasteurs se doivent de respecter la décision des couples divorcés et remariés de recevoir le sacrement de l’Eucharistie. (apic/id/pda/pr)

30 août 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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