Les défis de l’Eglise en Europe

Europe: L’Eglise doit s’affirmer, estime Mgr Poupard à la veille du Synode des évêques

Rome, 14 juillet 1999 (APIC) «En Europe, l’Eglise est aujourd’hui trop souvent tolérée uniquement comme une institution et une organisation humanitaire, culturelle et d’assistance», estime le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la Culture. Il y a là d’une vision réductrice de l’identité et de la mission de l’Eglise, et s’en accommoder serait du «suicide programmé», ajoute-t-il.

Interrogé par l’agence APIC sur le document de travail rendu public dimanche 11 juillet à Rome, et publié en vue du prochain Synode pour l’Europe, du 1er au 23 octobre prochains, le cardinal Poupard, qui en sera un des trois présidents délégués, insiste sur le «défi» que constitue l’Assemblée synodale pour l’Eglise catholique dans un continent déchristianiséé.

«L’Eglise étant composée d’hommes, la sociologie dominante la réduit à sa dimension humaine, alors qu’elle est avant tout un mystère de foi», fait-il remarquer. Face à cette réalité, l’Eglise est «en proie à deux tentations»: «Censurer son message pour qu’il soit acceptable par le monde» en se réduisant à n’être qu’un vague humanisme aux couleurs chrétiennes, auquel cas l’Eglise sera acceptée mais n’intéressera plus personne, ou alors s’enfermer dans sa forteresse, ce qui serait alors manquer à sa mission, qui est d’aller vers le monde pour lui porter son message».

Pour le cardinal Poupard, l’enjeu du second Synode pour l’Europe est dès lors de comprendre que «l’annonce missionnaire» du message du Christ n’est «pas facultative»: elle doit, en respectant chacun, mais en étant elle-même respectée, «affirmer sa singularité» dans un contexte de pluralité. Il s’agit pour elle de faire connaître son «point d’ancrage fondamental», conclut le cardinal, «qui est le Christ, Homme et Dieu, l’archétype sur lequel eut se baser un nouvel humanisme pour l’Europe».

Au Synode participeront tous les cardinaux et présidents des Conférences épiscopales d’Europe, au nombre de 32, accompagnés de 75 évêques élus parmi les 946 évêques que compte le continent. Ceux-ci seront neuf pour l’Italie, six pour la France, l’Allemagne, la Pologne, et l’Espagne, trois pour l’Angleterre, l’Irlande et le Portugal, deux pour l’Autriche, la Belgique et la Suisse. Ont été invités également huit supérieurs généraux de Congrégations religieuses, les 26 chefs de dicastères romains, une vingtaine d’experts, une trentaine d’auditeurs et des représentants des autres religions chrétiennes, soit au total quelque 250 participants. (apic/imed/pr)

14 juillet 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!