Kosovo: L’Eglise orthodoxe dénonce la poursuite du «nettoyage ethnique» antiserbe
L’UçK épinglée également par le Vatican
Belgrade-Pristina, 16 juillet 1999 (APIC) Le patriarcat serbe orthodoxe à Belgrade a une nouvelle fois dénoncé la poursuite du «nettoyage ethnique» antiserbe au Kosovo. Dans une déclaration rendue publique dans la capitale yougoslave, l’Eglise serbe affirme que 15 de ses églises ont déjà été incendiées et détruites dans la province à majorité albanaise. Les enlèvements de Serbes se poursuivent «dans un climat de terreur et d’anarchie», constate l’Eglise orthodoxe, qui estime que la population serbe est peu protégée par la KFOR.
Ces développements, constate par conséquent le patriarcat de Belgrade, confirment la justesse de la décision de rompre la collaboration du diocèse de Raska-Prizren avec la KFOR et la Mission des Nations Unies. Prise en début de semaine et appuyée par le métropolite Artemije, qui a dû, sous la pression des militants albanais, quitter sa ville en compagnie de la majorité de son clergé il y a exactement mois, cette décision ne sera révoquée que si des «mesures plus énergiques sont prises contre la terreur et l’absence de lois».
Le patriarcat de Belgrade affirme que les maisons des Serbes continuent à être incendiées et qu’au moins 15 édifices religieux ont été détruits, principalement dans la région de la Metohija, à l’Ouest du Kosovo. L’église paroissiale de Djakovica a également été incendiée. Pour sauver ce qui peut l’être encore de l’important patrimoine culturel religieux de la région, les responsables de l’Eglise tentent de rassembler les objets liturgiques et de démonter les iconostases pour les mettre à l’abri des vandales dans le monastère de Visoki Decani.
Le monastère des Saints Côme et Damien à Zociste – où également de nombreux musulmans albanais se rendaient auparavant en pèlerinage – a été pillé et démoli par des gens de l’UçK, dénonce le patriarcat serbe. Le 13 juin déjà, une avant-garde de l’UçK avait chassé les moines. A plusieurs reprises, du personnel ecclésiastique a été battu par des militants albanais, comme le Père Radivoje Panic, agressé dans l’église en construction du Saint-Rédempteur, à Pristina. Les assaillants ont tenté d’y bouter le feu tandis que les soldats de la KFOR ont dû se faire prier à trois reprises avant d’intervenir, déplore-t-on du côté orthodoxe.
A Prizren, la situation de la population serbe est critique: des 7’000 habitants serbes, il ne reste plus que 280 familles, surtout des personnes âgées. La plupart ont cherché refuge dans le séminaire orthodoxe, où un seul prêtre est resté. Ce dernier ne peut sortir que sous escorte des soldats allemands de la KFOR. Dans cette ville, les militants de l’UçK ont fait irruption dans le palais épiscopal le mois dernier et ont sévèrement battu le chancelier de l’ordinariat Zoran Grujic. Il n’a été libéré qu’après une énergique intervention de l’évêque Artemije auprès du commandement allemand de la KFOR. Les officiers allemands lui ont fait savoir le 15 juin dernier qu’ils ne pouvaient plus garantir la sécurité du clergé orthodoxe dans la ville, raison pour laquelle Mgr Artemije et ses prêtres a dû abandonner la ville le 17 juin, après que des militants de l’UçK aient mis le siège autour du palais épiscopal.
L’Eglise orthodoxe cible des représailles albanaises
A son arrivée à Pristina, l’évêque de Raska-Prizren a déploré que les couvents et églises orthodoxes aient été pris pour cible, bien qu’ils n’avaient rien eu à voir avec les crimes commis contre les civils albanais par les forces de sécurité et les milices serbes.
Dans son édition du 14 juillet, le quotidien du Vatican, «L’Osservatore Romano», a également dénoncé le «nettoyage ethnique» perpétré par l’Armée de Libération du Kosovo (UçK), dont sont actuellement victimes les gitans et les populations serbes. Le quotidien du Vatican parle de milliers de gitans, expulsés du Kosovo, qui attendent depuis plusieurs jours dans le port de Bar, au Montenegro, et qui espèrent pourvoir émigrer en Italie. Un représentant tsigane a déclaré que la moitié des gitans du Kosovo ont déjà fui par crainte des représailles des Albanais revenus chez eux, qui les accusent de complicité avec les Serbes. (apic/kap/be)




