Allemagne: Les femmes catholiques doivent corriger leurs lignes directrices
La présidente de la kfd: «Nous n’avons pas été comprises!»
Bonn, 16 juillet 1999 (APIC) Les femmes catholiques allemandes sont sommées d’apporter les «éclaircissements, corrections et compléments nécessaires» à leurs lignes directrices adoptées en mai dernier. Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, a en effet critiqué certaines revendications de la Communauté des femmes catholiques d’Allemagne (kfd), en particulier celles concernant la reconnaissance de l’égalité de toutes les formes de vie, notamment les partenariats de personnes du même sexe.
Dans une lettre adressée à Magdalena Bogner, présidente de la kfd, rendue publique vendredi, Mgr Lehmann s’en prend notamment à la revendication de la reconnaissance équivalente de toutes les formes de vie des femmes, en particulier celle des partenaires homosexuelles. Pour Mgr Lehmann, cette exigence contredit la signification fondamentale du mariage et de la famille.
Le vœu légitime des femmes à accéder à des tâches de direction dans l’Eglise
En outre l’exigence de l’accès des femmes à tous les ministères dans l’Eglise est contraire à la doctrine de l’Eglise, telle que l’a formulée en 1994 le pape Jean Paul II dans sa lettre apostolique «Ordinatio Sacerdotalis». La Conférence épiscopale allemande modère cependant ses critiques en reconnaissant «le vœu légitime des femmes catholiques à participer à toutes les fonctions ecclésiales dirigeantes ainsi qu’à l’enseignement théologique et à la recherche». Pourtant, poursuit Mgr Lehmann, dans tous ces domaines il y a encore beaucoup de possibilités restées inutilisées et de bons développements à renforcer.
D’autant plus, souligne Mgr Lehmann, que la kfd regroupe en Allemagne plus de 750’000 membres dans 6’000 paroisses; c’est la plus grande organisation de femmes catholiques et son impact n’est donc pas négligeable. Sans le travail engagé de nombreuses femmes dans les paroisses et les diocèses, les tâches pastorales auxquelles l’Eglise doit faire face, ne pourraient tout simplement pas être réalisées, souligne le président de l’épiscopat allemand.
La présidente Magdalena Bogner n’a pas vraiment apprécié la mise en garde des évêques, estimant que la kfd, exposée à des dures critiques, «se sent mal comprise». En aucun cas il ne s’agit pour la Communauté des femmes catholiques de mettre sur un pied d’égalité juridique le partenariat de couples homosexuels avec celui des personnes vivant dans le mariage et qui ont une famille. Il s’agit davantage pour la kfd d’attirer l’attention sur le fait que de nombreuses femmes vivent aussi dans d’autres relations que le mariage. «Ces femmes ne devraient pas pour autant être discriminées et devraient être aussi considérées comme des femmes croyantes». (apic/kna/ba)




