Les évêques veulent le maintien d’un enseignement confessionnel
Québec: Le pays débat de la religion à l’école sur fond de controverses
Montréal, 21 juillet 1999 (APIC) Le Québec débat de la religion à l’école. Les évêques du pays viennent d’entrer dans la controverse scolaire. Ils demandent le maintien d’un enseignement confessionnel pour tous les enfants
Un délicat débat sur la place de la religion dans les écoles publiques vient de s’engager au Québec, à la suite de l’intervention de l’Assemblée des évêques du Québec, favorable au maintien de l’enseignement religieux pour les catholiques et les protestants. Selon le quotidien français «La Croix», les évêques évoquent aussi un possible élargissement de ce privilège. Ils se soucient de l’intégration sociale et religieuse des immigrants et des néo-québécois, de plus en plus nombreux et d’origine plus diverses.
«Nous avons la conviction qu’il est toujours pertinent d’offrir aux élèves du Québec qui le désirent et le choisissent librement des cours d’enseignement religieux», écrit notamment Mgr Pierre Morissette, président de la Conférence épiscopale du Québec et évêque de Baie-Comeau, dans une lettre ouverte.
Répliques et éditoriaux ont suivi son intervention. Déjà, il y a un an et demi, la seule transformation des structures scolaires, de confessionnelles en linguistiques, avait soulevé une vive polémique. Celle qui s’annonce promet d’être encore plus féroce, écrit «La Croix».
La controverse suit la publication, ce printemps, d’un rapport intitulé «Laïcité et religion». On y recommande que l’école québécoise devienne laïque, qu’elle abandonne l’enseignement religieux catholique ou protestant et offre à la place un enseignement culturel des religions, une pastorale multiconfessionnelle et des activités confessionnelles après les heures de classe.
Une commission parlementaire se penchera sur la question cet automne. Déjà le ministre de l’Education, François Legault, a pris ses distances face à la laïcisation complète. Récemment encore, il laissait entendre que l’école québécoise pourrait plutôt offrir aux élèves un menu «à la carte» où, durant la plage horaire consacrée à la religion, des représentants de diverses confessions viendraient dispenser l’enseignement religieux aux élèves.
Pas conforme
Pour l’heure, les parents ont le choix ente un enseignement religieux – catholique ou protestant – et des cours de morale. Ce qui n’est pas conforme aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés, bien plus récentes, certes, que le système en place qui date, lui, du siècle dernier.
De fait, entre 1867 et 1960, la religion a été l’expression de l’identité dominante pour une majorité de Québécois. Il y a encore peu, nombreux étaient ceux pour qui «francophone» était synonyme de «catholique», et «anglophone» de «protestant». Les deux groupes avaient du reste leurs écoles distinctes.
Cette situation a beaucoup changé avec l’afflux d’un nombre considérable d’immigrants et de réfugiés. Par ailleurs, une majorité d’habitants a cessé de pratiquer. Ce qui n’empêche pas quatre parents sur cinq d’inscrire leurs enfants aux cours de religion plutôt que de morale.
Une tendance actuelle prône la laïcité scolaire totale, alléguant que l’école doit être fondée sur les valeurs communes, partagées par tous les citoyens, sans distinction de croyances. (apic/cx/mf/pr)




