Centres de consultation pour l’avortement, le pape trompé ?

Autriche: L’évêque auxiliaire de Salzbourg s’en prend vivement aux évêques allemands

Altötting, 21 juillet 1999 (APIC) C’est en des termes inhabituellement vifs que Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg, s’en est pris à ses confères allemands à propos du maintien de l’Eglise catholique dans les centres de consultation pour l’avortement. L’évêque autrichien leur reproche de façon véhémente rien moins que d’avoir trompé le pape dans cette affaire.

Militant «pro life» engagé bien avant sa nomination comme évêque auxiliaire en 1995, à l’âge de 52 ans, Mgr Laun affirme que si l’Eglise allemande voulait vraiment obéir à la décision du pape Jean Paul II, les centres de consultation pour femmes enceintes en difficultés devraient immédiatement cesser d’émettre des certificats. Ces derniers sont exigés par la législation allemande pour autoriser une interruption de grossesse dépénalisée. Les évêques allemands, sur l’injonction du pape, ont demandé aux centres catholiques d’émettre des certificats qui précisent qu’ils ne peuvent en aucun cas être utilisés pour faire un avortement.

Le pape devrait contraindre les évêques allemands à obéir

Dans une contribution au mensuel «Kirche heute», édité dans la localité bavaroise d’Altötting et dont il est coéditeur, l’évêque auxiliaire de Salzbourg suggère au pape Jean Paul II d’écrire encore une fois aux évêques allemands et de les contraindre à obéir. Ce serait à ses yeux «une démarche pénible, mais devant Dieu, ce serait un exploit et une consolation pour les croyants».

Mgr Laun est un religieux, membre de la congrégation des oblats de St-François de Sales. Spécialiste de théologique morale, il estime qu’il y a contradiction entre la position de Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, et Jean Paul II. S’il reconnaît que tous deux sont unis sur le plan moral, il estime que ce n’est pas le cas au niveau du droit et de l’assistance à l’avortement. «On se réclame de la fidélité, mais on fait et on veut exactement ce que le pape refuse», écrit le bouillant évêque. Il en résulte «l’impression fatale» qu’on n’est pas en union avec le pape, poursuit-il dans son réquisitoire.

Les observateurs notent que la manière de Mgr Laun d’interpeller ses confrères allemands est pour le moins inhabituelle, car d’ordinaire, les évêques ne s’expriment pas de façon publique sur les affaires de Conférences épiscopales d’autres pays.

Vive réplique des évêques allemands: «Nous n’avons pas besoin de petits inquisiteurs»

Piqués au vif par les attaques de Mgr Laun, les évêques allemands n’ont pas tardé à répliquer mercredi. La Conférence épiscopale allemande n’a pas besoin des leçons «d’un petit inquisiteur autrichien», s’est contenté de répondre Rudolf Hammerschmidt, porte-parole de ladite Conférence à Bonn. Hammerschmidt a également précisé que les évêques allemands avaient pris leur décision à l’unanimité. (apic/kna/be)

21 juillet 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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