L’esclavage, monnaie courante dans certaines régions de la RDC
Congo RDC: A Kananga, une esclave vaut moins qu’une vache
Kinshasa, 22 juillet 1999 (APIC) «Combien d’esclaves la victime du vol veut-il pour compenser la perte de ses bêtes ?». Telle est la question que s’est vu poser par l’accusé l’avocate congolaise Carine Bapita Mbuyanganda, appelée pour défendre un voleur de vaches. Selon l’Eglise catholique, l’esclavage est en effet monnaie courante dans certaines régions de la République démocratique du Congo, tandis que les droits de l’homme sont foulés aux pieds, notamment par les soldats de Kabila.
Cette dénonciation a été faite par la Commission «Justice et Paix» du diocèse de Kananga, au Congo (RDC), lors d’une conférence à Ngaliema, siège de l’organisation «La voix des sans voix», rapporte l’agence d’information missionnaire vaticane «Fides». Pour l’avocate, «dans les villages à la frontière avec l’Angola, avec la protection des autorités, on produit de la cocaïne et on pratique l’esclavage des fillettes».
Sœur Albertine Mbuyi, présidente de la «Commission Justice et Paix» de Kananga, a dénoncé le fait qu’il y a 600’000 enfants analphabètes dans les villages autour de Mbuji-Mayi, siège du centre minier autour duquel se déroulent des combats entre l’armée du président Kabila – qui défend la ville – et les troupes rebelles qui veulent la conquérir pour enlever à Kinshasa la majeure partie des rentrées financières.
La religieuse a dénoncé la gravité de la situation, dans le domaine des droits de l’homme, dans la province ecclésiastique de l’archidiocèse de Kananga, qui comprend aussi les diocèses de Mbuji-Mayi, Luiza, Mweka, Kabinda, Kole et Tshumbé. Pour la religieuse, les mines de diamants ont pollué le fleuve qui traverse la ville de Mbuji-Mayi, source principale d’approvisionnement en eau de la population.
Agressions continuelles contre le clergé et la population, les soldats de Kabila en cause
Dans d’autres régions de la province ecclésiastique, les violations des droits de l’homme sont encore plus graves. Dans celle de Tshikapa (diocèse de Luebo), il y a de nombreux assassinats de trafiquants de diamants et de commerçants. De nombreuses femmes sont tuées quand elles s’aventurent sur les sentiers qui mènent aux quelques rares points d’eau encore existants. De nombreuses filles ont été enlevées par des hommes en uniforme.
La situation du clergé et des structures ecclésiastiques est grave elle aussi: «Les membres du clergé sont victimes d’agressions continuelles; les biens de la paroisse sont volés. Les femmes et les enfants sont arrêtés arbitrairement par des membres des forces armées congolaises». (apic/fides/cip/be)




