Consternées, elles demandent pardon au pays pour ce drame
Colombie: Deux religieuses abattent à coups de revolver un voleur au couvent de Tunja
Bogota, 25 juillet 1999 (APIC) Deux religieuses cloîtrées de la ville colombienne de Tunja ont été entendues par le juge puis laissées en liberté après avoir abattu un voleur qui s’était introduit dans leur couvent dans la nuit de mardi à mercredi. Elles avaient acheté un pistolet Smith & Wesson de calibre 38 à l’armée pour se protéger des délinquans, après avoir été volées déjà à six reprises, écrit dimanche le quotidien de Bogota «El Tiempo».
Les deux religieuses, sœur Elva María Silva (56 ans) et sœur Luz Adelia Barragán Jiménez (55 ans), ont demandé pardon, car elles n’avaient pas l’intention de tuer. Effrayées alors qu’elles effectuaient leur «tour de garde» – une mesure pour se protéger des fréquentes agressions -, elles ont tiré à six reprises sur une ombre. L’homme qui avait escaladé le mur du couvent «El Topo», touché à la tête, n’a pas survécu à ses blessures. Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, évêque de Tunja, dans le département du Cauca, a déclaré dimanche que les 28 religieuses de la Congrégation des sœurs de la Conception, vivaient dans l’insécurité, le couvent ayant déjà été attaqué à neuf reprises.
Une bande spécialisée dans l’attaque de couvents
Dans ce couvent de sœurs cloîtrées se trouve un sanctuaire dédié à la Vierge du Topo ou du Miracle, considérée comme la patronne de la Force Aérienne Colombienne (FAC). L’avocat des deux sœurs a précisé que le service de garde contre les voleurs avait été mis en place le jour même où est arrivé le drame. «La situation juridique des deux religieuses ne fait aucun problème, assure l’archevêque de Tunja, il faut simplement éclaircir les faits». Mgr Castro a précisé qu’il existait en ville une bande spécialisée dans l’attaque de couvents et d’églises qui possèdent une grande richesse artistique et religieuse.
La communauté religieuse craignait que les voleurs puissent mettre la main sur le tableau de la Vierge du Miracle, œuvre d’une valeur religieuse et artistique inestimable. Les deux religieuses se sont déclarées «totalement consternées» et ont demandé pardon au pays «pour la situation dans laquelle nous nous sommes vues impliquées».
Certes, au vu de la loi humaine, de tels faits sont justifiables, mais ce n’est pas la même chose avec la loi divine, ont-elles encore déclaré, en précisant qu’elles ne voulaient faire de mal à personne et qu’elles n’avaient aucune intention de tuer. Le tribunal devra décider du sort des deux religieuses dans une dizaine de jours. (apic/tiempo/be)




