Favorable à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels

Grande-Bretagne: Une œuvre pour l’enfance de l’Eglise anglicane suscite la polémique

Londres, 28 juillet 1999 (APIC) «Children’s Society», une œuvre pour l’enfance de l’Eglise anglicane, suscite la polémique et divise les fidèles en Grande-Bretagne: elle a levé son interdiction concernant l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Agacé, le chef de l’Eglise anglicane, l’archevêque de Canterbury George Carey, président de «Children’s Society», a précisé mercredi au quotidien londonien «The Times» qu’il aurait préféré «une autre approche».

La «Church Society», l’un des plus importants mouvements évangéliques, a annoncé mercredi qu’elle allait se battre de toutes ses forces contre la décision de l’œuvre pour l’enfance anglicane. Cette société pour l’enfance est la dernière des trois grandes œuvres pour l’enfance de Grande-Bretagne à permettre l’adoption ou la garde d’enfants à des couples de «gays» et de lesbiennes.

L’organisation anglicane a motivé sa décision en mettant la priorité sur les besoins de l’enfant, mais elle suscite l’ire de certaines sensibilités au sein de l’Eglise d’Angleterre totalement opposées à l’homosexualité. Le directeur Ian Sparks relève que son organisation, fondée en 1881, défend avec conviction l’idéal chrétien selon lequel tout enfant devrait être élevé dans une famille aimante composée d’une mère et d’un père.

Des jugements de tribunaux vont dans le même sens

«Cependant, a-t-il ajouté, nombre d’enfant dont nous avons la charge ont besoin de soins très intensifs et spécialisés… Nous croyons que si ces enfants ont le droit d’avoir le choix d’une famille et d’un foyer à eux, nous ne devrions pas exclure de prendre en considération quelqu’un qui a les capacités spéciales ou l’expérience requise pour leur fournir un foyer et des soins adéquats». La décision prise par les responsables de l’œuvre pour l’enfance anglicane a été facilitée par des récents jugements de tribunaux allant dans ce sens, et prohibant la discrimination entre couples homosexuels et couples hétérosexuels.

Un porte-parole de l’Eglise d’Angleterre a souligné que les archevêques ont estimé que leur approche aurait été différente, mais ils ont reconnu qu’une telle décision est de la responsabilité des œuvres d’entraide concernées. Mais le volte-face de la «Children’s Society’s», qui survient après des mois de vifs débats internes, n’a fait qu’élargir les divisions dans les plus hautes sphères de l’Eglise concernant la vision de l’homosexualité et de la famille traditionnelle.

L’archevêque de York, Mgr David Hope, a également laissé entendre qu’il aurait préféré une autre position. Par la voix de son président, le Révérend Donald Allister, la «Church Society», l’une des mouvances évangéliques les plus importante au sein de l’Eglise anglicane, a déploré que l’on allait ainsi remettre immédiatement à l’ordre du jour au sein de l’Eglise la question du mariage des lesbiennes et des «gays». La décision a par contre été chaudement saluée par le secrétaire du «Mouvement chrétien des lesbiennes et gays», le Révérend Richard Kirker. (apic/times/be)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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