L’archevêque émérite de Durban salue la victoire de l’ANC

Afrique du Sud: La pauvreté et le chômage menacent la démocratie, estime Mgr Hurley

Pretoria, 9 juin 1999 (APIC) La pauvreté, le chômage et le sida menacent la démocratie en Afrique du Sud, craint Mgr Denis Eugene Hurley, archevêque émérite de Durban, dans un commentaire au lendemain des élections du 2 juin dernier. «La stabilité de la démocratie en Afrique du sud pourrait être menacée par ces fléaux», estime-t-il.

Le Congrès National Africain (ANC) a obtenu une victoire écrasante avec 266 sièges sur 400 à l’assemblée, mais il n’a pas réussi à obtenir les deux tiers, à une voix près, ce qui lui aurait permis de changer la constitution sans devoir trouver des accords avec les autres forces politiques. Le successeur de Nelson Mandela, Thabo Mbeki a maintenant deux semaines pour préparer le nouveau cabinet. Hormis le chômage et la grande misère, le nouveau gouvernement devra faire face à une autre catastrophe nationale: la violence et la délinquence.

Mgr Denis Eugene Hurley, qui mena une lutte acharnée pendant des années pour la réconciliation, à l’époque de l’apartheid, considère que «la transition politique se déroule de façon satisfaisante. Le gouvernement de l’ANC sera un bon gouvernement et devrait être capable de faire du bon travail. Mais les problèmes auxquels doit faire face le pays sont nombreux et graves. Le chômage dépasse les 35% et une large tranche de la population vit dans la pauvreté absolue». «Lorsque je vois cela, je me demande parfois comment les pauvres réussissent à survivre en Afrique du Sud»,

Selon l’archevêque, le danger qui menace la démocratie est précisément cette immense pauvreté. «Ce qui fait peur, c’est la réaction que pourraient avoir les millions de pauvres devant l’impossibilité de sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent. En plus du chômage et de la faim, ils doivent faire face au sida qui fait des ravages. Des centaines de malades meurent chez eux car il n’y a pas de centres capables de les accueillir tous. Les plus touchés sont les quartiers pauvres des grandes villes. Les traitements coûtent cher et les malades sont souvent issus de familles très pauvres. Ils restent donc chez eux, sans aucun soin et parfois même sans savoir qu’ils ont le sida. Le nombre des personnes contaminées grandit de jour en jour, et le problème semble de plus en plus difficile à résoudre». (apic/zenit/fides/pr)

9 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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